Entre 2022 et février 2026, la Société minière de Kilo-Moto n’a extrait que 2,46 kilogrammes d’or, selon les chiffres présentés par son ancien directeur général Pistis Bononge lors d’une sortie médiatique le 12 mars 2026. Au prix moyen de 165 000 dollars le kilogramme observé en mars 2026, cette production représente environ 405 000 dollars de valeur sur quatre ans, un niveau infime pour une entreprise publique censée exploiter l’un des principaux bassins aurifères historiques de la RDC.
Ces chiffres ont été rendus publics par Pistis Bononge lui-même, nommé à la tête de la SOKIMO en 2022 et parti en février 2026. Il affirme avoir engagé durant son mandat un plan de relance estimé à 482,61 millions de dollars, visant la modernisation des infrastructures minières, la restructuration administrative et la relance progressive de l’exploitation industrielle. Selon lui, les difficultés tiennent à l’état des installations héritées, à l’insuffisance des investissements effectifs et à la complexité de gérer une entreprise publique confrontée à la concurrence de l’exploitation artisanale dans les zones aurifères.
Un potentiel reconnu, une performance quasi nulle
La région de Kilo-Moto, située dans le nord-est de la RDC, est historiquement l’un des gisements aurifères les plus importants du pays. Que la SOKIMO n’y ait produit que 2,46 kg d’or en quatre ans illustre l’écart béant entre le potentiel minier du sous-sol congolais et la capacité réelle de l’État à en tirer des revenus.
Plusieurs analystes pointent des problèmes structurels persistants : gouvernance défaillante, financement insuffisant et contrôle limité sur une production qui circule largement dans les circuits artisanaux et transfrontaliers. Dans ce contexte, la question reste entière : comment transformer un potentiel minier reconnu en production industrielle mesurable et en recettes concrètes pour l’État congolais ?
— Peter MOYI
