À Kalemie, en marge de la 11ᵉ édition de Expo Béton 2026, le ministre d’État chargé du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a réuni les acteurs impliqués dans la gouvernance minière autour des questions de transparence dans la gestion des ressources naturelles. Les discussions ont principalement porté sur la préparation du rapport ITIE-RDC 2024 et sur la prochaine validation internationale de la norme ITIE prévue en octobre 2026, un rendez-vous considéré comme important pour l’image du secteur minier congolais auprès des investisseurs.
La rencontre a réuni les représentants du gouvernement provincial, des entreprises extractives ainsi que plusieurs organisations de la société civile actives dans le suivi des revenus miniers. Devant les participants, Guylain Nyembo a insisté sur la nécessité pour la RDC d’améliorer la publication des données liées au secteur extractif afin de renforcer la confiance des partenaires économiques et financiers. « La RDC possède un immense potentiel minier. Nous devons garantir des processus transparents afin de renforcer la confiance et attirer davantage d’investissements », a déclaré le ministre d’État. Cette question reste sensible dans un pays qui figure parmi les premiers producteurs mondiaux de cobalt et un important producteur de cuivre, mais où les débats sur la traçabilité des revenus miniers et leur redistribution continuent d’alimenter les critiques.
Les échanges ont aussi permis aux acteurs locaux de faire remonter plusieurs préoccupations. Les représentants de la société civile ont notamment demandé un renforcement des capacités techniques des structures locales afin de mieux participer à la rédaction et à l’analyse des rapports ITIE. Ils ont également plaidé pour l’installation d’une antenne provinciale de l’ITIE dans le Tanganyika afin de rapprocher le mécanisme de transparence des zones directement concernées par l’exploitation minière. Le gouvernement a indiqué avoir pris acte de ces demandes et a réaffirmé sa volonté d’associer davantage les acteurs locaux dans le processus de mise en œuvre des standards de transparence.
Dans un contexte marqué par la forte demande mondiale en minerais critiques utilisés dans les batteries, les véhicules électriques et les technologies numériques, la gouvernance des ressources minières devient un critère de plus en plus surveillé par les investisseurs internationaux. Les partenaires financiers accordent désormais une attention particulière aux normes ESG, qui évaluent les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance dans les projets miniers. Pour la RDC, la prochaine validation ITIE prévue en 2026 pourrait donc jouer un rôle dans la perception du climat des affaires et dans la capacité du pays à attirer davantage d’investissements dans les chaînes de valeur minières et industrielles.
— Peter MOYI

