Kinshasa : CDF–USD à 2 700–2 750 (≈ –4 %) — 3 signaux à surveiller cette semaine

À Kinshasa, le taux de change s’est tassé à 2 700–2 750 CDF pour 1 USD, contre 2 800–2 900 CDF récemment. L’ajustement, de l’ordre de 4 %, allège la pression immédiate sur les importations libellées en devises, sans effacer le stress sur le pouvoir d’achat.

La mécanique est classique : raréfaction du cash en CDF, recul de la demande de dollars, correction du taux. Les écarts persistent selon les quartiers, signe de poches de liquidité hétérogènes et d’arbitrages quotidiens des cambistes.

« Quand il y a peu de francs sur le marché, la demande de change diminue et le taux baisse. Mais pour nous, c’est compliqué, car cette instabilité rend notre travail imprévisible », note Jean-Paul Banza, changeur au rond-point Victoire.

Transmission aux prix : quel délai sur le panier ?

L’effet sur les étiquettes n’est jamais instantané. Les stocks importés ont été achetés à un dollar plus cher, les transporteurs facturent en fonction de trajets antérieurs, les distributeurs réajustent leurs marges avec retard. Les denrées les plus sensibles au change (huile végétale, farine importée, produits d’entretien) pourraient refléter le nouveau niveau si la fourchette 2 700–2 750 CDF dure et si les réapprovisionnements se renégocient à parité plus favorable. À défaut, la détente restera limitée à quelques rayons, sous l’effet d’une inflation encore installée.

Le paramètre extérieur pèse : les sorties de devises liées aux importations entretiennent un tirage permanent sur le marché.

« Chaque sortie de devises crée un déséquilibre. Il est essentiel de surveiller les flux de change et de renforcer les politiques monétaires », souligne l’expert-comptable Dieudonné Tshitenge.

La suite dépendra de trois leviers : la liquidité en CDF injectée ou absorbée par les opérateurs, le calendrier des paiements extérieurs des importateurs, et l’appétit de précaution des ménages et détaillants. Si la stabilité s’installe autour de 2 700–2 750 CDF, un reflux gradué est plausible sur certains produits importés. Si le marché revient au-delà de 2 800 CDF, les prix resteront ancrés, avec une respiration trop faible pour la consommation.

— Peter MOYI

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