La Banque centrale du Congo (BCC) a ouvert, lundi 16 février 2026 à Kinshasa, des travaux d’évaluation de son dispositif de gestion des risques et de continuité des activités. L’initiative s’inscrit dans les travaux du Comité des Affaires monétaires de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui organise des évaluations entre banques centrales pour rapprocher les pratiques et renforcer la solidité des institutions.
La BCC devient la septième banque centrale à passer par ce processus, après le Burundi, la Tanzanie, le Rwanda, l’Ouganda, le Kenya et le Soudan du Sud. Sur le papier, l’objectif est triple : repérer les points faibles dans les dispositifs existants, harmoniser les méthodes entre membres et définir une feuille de route commune pour améliorer la convergence et la capacité de résistance des banques centrales face aux chocs.
Derrière la technicité du sujet, l’enjeu est concret. Pour une banque centrale, la gestion des risques ne se limite pas aux marchés : elle couvre aussi les risques opérationnels (pannes, défaillances de procédures, incidents informatiques) et les menaces qui peuvent perturber des missions sensibles comme la surveillance du système bancaire, la conduite de la politique monétaire ou la production de statistiques. La continuité des activités, elle, vise à garantir qu’en cas de crise, l’institution puisse continuer à assurer ses fonctions essentielles sans rupture prolongée.
À l’ouverture des assises, le gouverneur de la BCC, André Wameso, a présenté ce chantier comme un choix stratégique. Il a réaffirmé la volonté de l’institution de faire du management des risques un outil de décision et un facteur de crédibilité, dans un contexte où l’intégration régionale avance aussi par la coopération technique entre autorités monétaires.
Ces évaluations par les pairs, de plus en plus utilisées dans les organisations régionales, servent autant à partager des standards qu’à envoyer un signal : celui d’institutions qui cherchent à se mettre au même niveau de préparation, alors que les risques – notamment technologiques – se multiplient. Pour la BCC, l’exercice revient à aligner ses procédures sur un cadre commun EAC, tout en montrant qu’elle peut maintenir ses opérations même sous pression.
— Peter MOYI
