La Regideso annonce le lancement, d’ici trois à quatre mois, des travaux de construction d’une usine d’eau en bouteilles. Son directeur général, David Tshilumba Mutombo, dit vouloir mobiliser plus de ressources alors que l’entreprise n’assure l’accès à l’eau par robinet qu’à 65 % de la population de Kinshasa.
Une diversification qui relance le débat sur la priorité de l’eau au robinet
« Nous allons bientôt lancer les travaux de construction d’une usine de production d’eau en bouteilles conditionnées dans un délai de trois à quatre mois », a déclaré David Tshilumba Mutombo dans la presse locale. L’objectif affiché est clair. La société publique veut diversifier ses sources de revenus grâce à la vente d’eau en bouteilles et, ainsi, renforcer ses recettes propres, c’est-à-dire l’argent qu’elle génère elle-même en dehors des appuis budgétaires.
Cette annonce suscite des questions. La mission de base de la Regideso reste l’alimentation de la population en eau potable via son réseau public. Or, l’entreprise fait face à des difficultés pour desservir plusieurs quartiers de Kinshasa et des zones en provinces. Pour une partie des observateurs, vendre de l’eau en bouteilles peut aider à financer des investissements, améliorer l’image de l’entreprise et développer une capacité industrielle. Pour d’autres, la priorité devrait rester l’extension du réseau et la régularité du service, car de nombreux ménages n’ont toujours pas accès à l’eau au robinet.
Sur la production, le directeur général affirme une hausse autour de 340 000 à 350 000 mètres cubes par jour à Kinshasa, pour une population estimée à près de six millions d’habitants. Il soutient aussi que l’eau traitée de la Regideso réduit les risques sanitaires, en particulier face au choléra, en remplaçant l’eau non traitée et l’eau de forage.
Créée en 1939, la Regideso dit viser un service complet à Kinshasa, avec l’ambition d’atteindre 100 % de couverture d’ici 2030, alors que 35 % de la population n’a pas encore accès à l’eau potable.
— M. KOSI
