RDC, le franc tient face au dollar, la BCC fixe 2 222,28 CDF et les recettes 2025 restent au-dessus des objectifs

La Banque Centrale du Congo (BCC) a publié, le lundi 26 janvier 2026, ses taux de change indicatifs avec un dollar à 2 222,28 CDF, un euro à 2 610,60 CDF et un yuan à 319,12 CDF. Après les tensions du premier semestre 2025, ces niveaux traduisent une phase de stabilité sur le marché officiel, alors que l’État affirme avoir mobilisé en 2025 des recettes supérieures aux assignations prévues, notamment en novembre 2025.

À Kinshasa, le taux du dollar ne résume pas toute l’économie, mais il pèse sur le quotidien. Une variation rapide renchérit les biens importés, alimente des anticipations et complique les décisions des entreprises qui achètent en devises. La BCC, elle, insiste sur un point de méthode. Ces cours sont indicatifs et servent de repère aux banques et aux opérateurs agréés.

La Banque centrale cherche ainsi à maintenir un cadre lisible pour les transactions formelles. Quand la référence officielle reste stable, les acteurs disposent d’un point d’ancrage. Cela limite les écarts, réduit l’incertitude et freine la transmission des rumeurs aux prix.

Dans le même temps, la BCC rappelle que le marché parallèle continue de bouger sous l’effet de la spéculation et de la demande immédiate de billets. L’autorité monétaire pousse donc les opérateurs à privilégier les circuits formels et à se tenir à la moyenne officielle. L’objectif est de mieux canaliser la demande de devises et de réduire l’influence des cambistes de rue sur la formation des prix.

Ce que la stabilité du change dit sur la collecte des recettes et la coordination avec le Trésor

Une idée revient souvent dans le débat congolais, un franc plus ferme ferait baisser mécaniquement les recettes publiques, car une partie de l’économie est indexée sur le dollar. La relation existe dans certains cas, mais elle ne fonctionne pas comme un interrupteur. Les performances budgétaires dépendent aussi de la capacité de l’État à collecter l’impôt, à contrôler les flux et à limiter les fuites.

Sur ce point, les données budgétaires mentionnées pour 2025 vont à rebours du réflexe habituel. Le texte indique qu’en novembre 2025, comme sur l’ensemble de l’exercice, les recettes effectivement mobilisées ont dépassé les assignations prévues dans le Plan de trésorerie de l’État. Dit simplement, la tenue du taux de change n’a pas empêché le Trésor de dépasser ses objectifs de collecte.

L’explication avancée repose sur des facteurs de gestion. Le texte cite l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction de niches jugées inefficaces, le renforcement des contrôles douaniers et fiscaux, ainsi que des effets liés à des réformes sectorielles, notamment dans les hydrocarbures et certaines importations dites stratégiques. Dans ce schéma, la valeur du franc compte, mais la performance dépend surtout des mécanismes de recouvrement.

Pour la BCC, la stabilité du change joue aussi un rôle de pare-feu contre l’inflation importée. Quand le dollar grimpe vite, les prix des produits importés montent presque immédiatement. Quand le taux se tient, la pression liée aux importations se calme, même si d’autres facteurs internes peuvent continuer à peser sur le coût de la vie.

Côté finances publiques, une collecte au-dessus des assignations réduit la dépendance aux solutions d’urgence pour boucler la trésorerie. Le texte souligne cette idée, si les recettes progressent, l’État limite le recours à des financements monétaires ou à des avances exceptionnelles. Ce n’est pas un gain automatique pour les ménages, mais cela améliore la prévisibilité de la politique économique.

La lecture combinée des indicateurs présentés dessine donc une séquence de début 2026 où la BCC et le Trésor semblent mieux coordonner leurs actions. Une monnaie plus stable aide à contenir certaines hausses de prix liées aux importations. Des recettes mieux mobilisées soutiennent l’exécution budgétaire sans pression immédiate sur la planche à billets. L’économie reste exposée à des chocs externes, mais les signaux mis en avant pour 2025 suggèrent que la discipline vient d’abord de la qualité de la collecte et des contrôles, pas d’un affaiblissement volontaire du franc.

— Peter MOYI

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