RDC : mines dominantes (75 % de la croissance), secteurs hors mines limités à 3,1 % en 2024

La République démocratique du Congo affiche en 2024 une croissance de 6,7 %, dont près de 75 % provient du secteur minier. Cette performance confirme le rôle central des activités extractives dans l’économie, tout en mettant en évidence une dépendance structurelle aux matières premières.

Le dynamisme économique repose essentiellement sur l’exploitation du cuivre et du cobalt, alors que les secteurs non miniers progressent à un rythme limité, autour de 3,1 %. Cette configuration traduit une faible diversification de l’économie, où la création de richesse reste concentrée dans le secteur primaire. Dans ce contexte, la croissance dépend largement de la demande internationale et des conditions du marché des matières premières.

Cette dépendance expose l’économie aux cycles mondiaux. En 2024, les exportations minières soutiennent un excédent commercial équivalent à 5,5 % du PIB, contribuant à la stabilité macroéconomique. Mais une baisse des cours du cuivre ou du cobalt pourrait rapidement affecter la croissance, le taux de change et les finances publiques, soulignant la vulnérabilité du modèle actuel.

Une diversification encore limitée malgré le potentiel

La transformation locale des ressources reste faible. La majorité des minerais est exportée sous forme brute ou semi-transformée, ce qui limite la valeur ajoutée captée sur le territoire. Cette situation réduit les effets d’entraînement sur l’emploi, l’industrialisation et les recettes fiscales, tout en maintenant une dépendance aux importations de produits finis.

Les industries de transformation et le secteur manufacturier restent peu développés, freinés par des contraintes liées aux infrastructures, à l’énergie et au financement. Dans ce contexte, les initiatives visant à structurer des chaînes de valeur locales progressent lentement, malgré leur importance pour la diversification économique.

Le positionnement de la RDC sur les minerais critiques offre néanmoins des perspectives. La demande mondiale en cobalt et en cuivre, liée à la transition énergétique, ouvre des opportunités pour développer des activités de transformation et s’intégrer davantage dans les chaînes de valeur industrielles. Cette évolution suppose des investissements ciblés, des partenariats industriels et une amélioration du cadre des affaires.

À ce stade, le modèle extractif reste dominant. La transition vers une économie plus diversifiée dépendra de la capacité des autorités à mettre en place une politique industrielle adaptée et à transformer les ressources minières en levier de développement plus large.

— Peter MOYI

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