Une commission spéciale de l’Assemblée provinciale de la Tshopo a révélé, lundi 20 octobre, un écart d’environ 300 000 USD sur les 1 million USD versés par le gouvernement central pour la réhabilitation du stade Lumumba. Les députés ont adopté le rapport et exigent des suites rapides.
Contrat contesté et saisine de la justice
Selon le rapporteur de la commission, l’entreprise chargée des travaux n’a perçu que 773 000 USD alors que l’État a déjà décaissé 1 million USD pour ce chantier. Les fonds ont transité par le gouvernement provincial, gestionnaire des paiements. Sur le terrain, les travaux stagnent. La commission pointe l’Impact Business Company (IBC) pour faible expérience et qualité jugée insuffisante, en plus d’un lien de proximité avec le gouverneur, ancien député provincial.
Le ton a monté en séance plénière. Le député Emmanuel Makoka, rapporteur de la commission, a mis en cause l’usage des fonds en rappelant la disponibilité locale des intrants : barres de fer chez Congo Futur, ciment à l’extension PPC, quincaillerie en ville.
« Cet argent est énorme. Ne voyez-vous pas que cette entreprise commence déjà l’escroquerie dès le départ ? »
Les élus ont recommandé la résiliation du contrat d’IBC par le gouvernement provincial. L’Assemblée provinciale a décidé de saisir le procureur général et de lui transmettre l’intégralité du rapport pour enquête. Des poursuites pourraient s’ensuivre au terme des investigations.
Interrogée, IBC n’a pas officiellement réagi au nouveau rapport. Des sources internes affirment que la société préfinance une partie des travaux. Dans un message daté du 8 octobre, son PCA, Jacques Mandiongwe, a soutenu qu’« IBC SARL n’a jamais reçu 1 USD venant du gouvernement central », rappelant que les décaissements ne passeraient pas directement par l’entreprise. Reste la question centrale : où se situent les près de 300 000 USD manquants entre le déblocage par Kinshasa et les montants effectivement versés à l’opérateur ?
À Kisangani, le stade Lumumba attend sa remise à niveau. La chaîne des paiements doit être clarifiée, les responsabilités fixées et le chantier relancé pour préserver l’objectif initial : livrer une infrastructure sportive conforme aux normes et aux coûts annoncés.
— M. KOSI
