Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) fait face à des défis budgétaires de grande ampleur, les recettes publiques collectées au 24 octobre 2024 se chiffrent à 1 354,4 milliards de Francs congolais (CDF), équivalant à environ 476,4 millions USD, soit 55 % des prévisions fixées pour le mois. Ces chiffres révèlent une dépendance persistante de l’État aux ressources fiscales traditionnelles, malgré les efforts récents de renégociation des accords miniers et commerciaux pour renforcer la stabilité économique.
Contrat sino-congolais : un appui budgétaire essentiel mais insuffisant
La renégociation du contrat sino-congolais a permis de débloquer des recettes exceptionnelles, avec une injection de 923,4 milliards CDF dans les finances publiques. Ces fonds visent à soutenir les prévisions budgétaires globales en allégeant la pression exercée sur les régies financières nationales. Cependant, cette ressource unique, bien qu’importante, ne suffit pas à combler entièrement les déficits opérationnels de l’État, illustrant les limites d’une stratégie de dépendance aux ressources ponctuelles.
Dans ce contexte, les performances des régies financières congolaises deviennent cruciales pour évaluer la capacité de l’État à collecter de manière autonome des recettes pérennes. La Direction Générale des Impôts (DGI), notamment, s’est distinguée en mobilisant 705,6 milliards CDF, dépassant les prévisions établies. Cette performance est une avancée notable, témoignant des améliorations dans la gestion des impôts et d’une meilleure conformité fiscale.
En revanche, la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) a affiché des résultats en deçà des attentes, ne collectant que 339,2 milliards CDF contre une prévision de 524,4 milliards CDF. Cette contre-performance soulève des questions quant aux défis structurels dans le secteur douanier, tels que le contrôle des flux aux frontières et la lutte contre la contrebande.
Besoin de réformes fiscales pour un modèle économique durable
L’expérience de la RDC avec la renégociation de contrats et les recettes ponctuelles met en lumière la vulnérabilité de son modèle de financement basé essentiellement sur des accords internationaux et des taxes traditionnelles. Pour surmonter ces défis, les experts en finances publiques recommandent une série de réformes fiscales et administratives visant à diversifier les sources de revenus de l’État. Cela comprendrait non seulement l’amélioration de la collecte des impôts mais également le développement de secteurs alternatifs, notamment l’agriculture et les industries locales, pour diminuer la dépendance aux recettes douanières et minières.
De plus, un renforcement du cadre institutionnel est jugé indispensable. En établissant des mécanismes de transparence et de contrôle budgétaire rigoureux, le Gouvernement pourrait restaurer la confiance des investisseurs, attirant ainsi des capitaux étrangers et favorisant une base économique plus stable.
Alors que le pays poursuit son chemin vers une gestion budgétaire renforcée, l’adoption de réformes stratégiques en matière de gouvernance fiscale et de diversification économique pourrait transformer la RDC en un acteur plus résilient dans le contexte économique mondial.
M.KOSI
