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André Wameso explique la remontée du franc congolais et appelle à consommer en monnaie nationale

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Le 6 novembre 2025, devant l’Assemblée nationale, le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a expliqué la remontée du franc congolais et affirmé que le marché du change se stabilise autour de 2 200 à 2 300 CDF pour 1 USD depuis près de trois semaines.

Le responsable monétaire a rappelé le cadre juridique : la Constitution consacre le franc congolais comme monnaie légale. La réglementation de change prévoit que les transactions se règlent en monnaie nationale, avec la possibilité d’un règlement en devise si les parties en conviennent. Autrement dit, la place du CDF dans l’économie ne relève pas d’un choix ponctuel mais d’un dispositif établi.

Monnaie, réserves obligatoires et comportements attendus

Sur le plan technique, l’appréciation récente découle de l’actualisation du taux de change appliqué au stock des réserves obligatoires, comptabilisées en monnaie nationale. Cette mise à jour a retiré du circuit un excédent de francs qui entretenait des tensions sur le marché. Avec moins de liquidité en CDF liée à ce mécanisme, la pression s’est atténuée et le taux s’est rapproché d’un équilibre observé ces trois dernières semaines.

Le gouverneur a souligné que la Banque centrale dispose d’un éventail d’instruments pour répondre à d’éventuels dérapages : opérations de marché, gestion des réserves, ajustements du cadre monétaire. À ce stade, le signal envoyé est celui d’une stabilité qui s’installe, visible dans la fourchette de 2 200–2 300 CDF pour 1 USD.

Au-delà de la technique, un message s’adresse aux agents économiques. Des habitudes ont été prises pendant les phases de dépréciation : indexation informelle, préférence systématique pour la devise, arbitrages défavorables au CDF. Le retournement actuel invite à réviser ces pratiques. Épargner en franc congolais, libeller ses achats courants et ses ventes domestiques en monnaie nationale, réduire les comportements spéculatifs : ces choix renforcent la cohérence entre le cadre légal et la vie économique quotidienne.

Le rappel est clair : le CDF est la référence. La remontée récente n’est pas qu’un chiffre de marché ; elle résulte d’un réglage précis de la liquidité bancaire et s’inscrit dans un cadre où la Banque centrale affirme sa capacité d’action. La suite dépend aussi des décisions des entreprises et des ménages, à commencer par la manière de payer, facturer et épargner.

— M. KOSI

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