Le projet de raffinerie de Lobito, estimé à 6,6 milliards USD, avance avec difficulté. À ce stade, il manque encore 4,8 milliards USD pour boucler son financement, ce qui retarde sa mise en œuvre. Porté par la compagnie nationale Sonangol, ce projet vise à transformer localement le pétrole brut afin de réduire les importations de carburants raffinés et capter davantage de valeur sur place. Aujourd’hui, une partie du pétrole exporté revient sous forme de produits finis, souvent à un coût plus élevé pour le pays.
Un projet stratégique freiné par le manque de financements
Le principal blocage reste financier. Sur les 6,6 milliards USD nécessaires, une large part reste à mobiliser. Les discussions se poursuivent, notamment avec des partenaires potentiels en Chine, mais aucun engagement ferme n’a été annoncé. Cette absence de visibilité pèse sur le calendrier du projet. Dans le même temps, Sonangol a démenti toute négociation formelle avec le Botswana, après des informations relayées dans certains médias, ce qui confirme que le tour de table des investisseurs n’est pas encore stabilisé, en particulier au niveau régional.
Malgré ces incertitudes, les autorités angolaises maintiennent une position claire : conserver au moins 51 % du capital de la raffinerie. Ce seuil permet à l’État de garder le contrôle sur une infrastructure jugée stratégique pour l’économie. L’enjeu est double : sécuriser l’approvisionnement en carburants et piloter les décisions clés liées à la production et à la distribution.
Au-delà du financement, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation locale des ressources. L’Angola cherche à renforcer sa chaîne de valeur énergétique en produisant et en transformant sur son territoire. Si la raffinerie voit le jour, elle pourrait aussi bénéficier à d’autres pays de la région, en facilitant l’accès aux produits raffinés et en réduisant les coûts logistiques. Mais tant que les financements ne sont pas sécurisés, le projet reste suspendu à la capacité du pays à convaincre des investisseurs dans un contexte international plus exigeant.
— M. KOSI
