L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) lance le contrôle national des activités de sous-traitance. Le Directeur général, Miguel Kashal, appelle entreprises principales et sous-traitants à coopérer. Le dernier bilan recense 2,045 milliards USD de marchés confiés en 2024, largement tirés par le minier (98,65 %).
Le régulateur place ce tour de contrôle sous le signe de la transparence et de l’accès des entreprises congolaises aux marchés. Dans son message d’ouverture, Miguel Kashal salue l’impulsion politique en faveur d’une classe moyenne entrepreneuriale, et rappelle l’appui de l’exécutif dans la promotion du contenu local. L’objectif immédiat: vérifier l’application de la loi, aligner les pratiques des donneurs d’ordres et sécuriser la part des prestataires nationaux.
Ce que montrent les derniers contrôles
Les opérations menées à Kinshasa, Lualaba, Haut-Katanga, Haut-Uele, Kasaï Oriental, Nord et Sud-Kivu ont servi de base statistique. La loi sur la sous-traitance, en vigueur depuis huit ans, a changé d’échelle: 15 000 sociétés de sous-traitance figurent désormais dans la base ARSP, contre 3 000 en 2023. Cette montée en puissance s’explique par l’assainissement du fichier, la collaboration accrue avec les entreprises principales et des actions de sensibilisation à l’international qui facilitent le réseautage et les partenariats.
Le premier contrôle généralisé en 2023 a réduit l’usage de prête-noms, source de distorsions dans l’allocation des marchés. Le cycle 2024 révèle encore des résistances chez certains acteurs, mais fait apparaître un volume d’affaires consolidé de 2 045 092 298 USD pour la sous-traitance. La structure sectorielle reste très concentrée: mines 98,65 %, télécoms 0,93 %, cimenterie 0,34 %, brasseries 0,07 %, agro-alimentaire 0,02 %. Cette concentration souligne le rôle d’entrainement du complexe minier—commande, logistique, maintenance, services—et la marge de progression des autres branches.
Côté gouvernance, l’ARSP encadre la publication des appels d’offres conformément à l’article 10 de la loi, et a institué une commission de suivi des marchés pour limiter les risques de favoritisme. La mise à jour continue de la base des prestataires, couplée à ces mécanismes, vise à fluidifier l’accès à l’information pour les entreprises congolaises et à relever le taux de participation locale sur les contrats privés.
Le régulateur insiste sur la coopération des parties prenantes durant le contrôle en cours: accès aux données, conformité des contrats, traçabilité des volumes, vérification des conditions de paiement. À la clé, une photographie plus fine des recettes des sous-traitants, des marges par métier et des délais pratiqués, éléments indispensables pour améliorer la liquidité des PME et sécuriser leur trésorerie.
En projection, l’ARSP annonce des actions ciblées de diversification pour étendre la sous-traitance au-delà du périmètre minier et capter plus de 8 milliards USD de marchés à moyen terme. Le levier attendu: meilleure planification des achats chez les donneurs d’ordres, standardisation des spécifications, et montée en capacité des prestataires locaux par la formation et le co-traitement avec des partenaires techniques.
Le message reste clair: coopération au contrôle, transparence des engagements, respect des règles de contenu local. À court terme, la priorité porte sur la qualité des données et la discipline contractuelle; à moyen terme, sur la réallocation d’une part plus large des dépenses privées vers les prestataires nationaux, afin d’ancrer l’effet multiplicateur sur l’emploi, la production et les recettes fiscales.
— M. KOSI
