ARSP : Kibali Gold Mine sommée d’annuler des contrats avec trois sous-traitants jugés inéligibles

L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) demande à Kibali Gold Mine d’annuler immédiatement des contrats conclus avec trois entreprises. La mesure figure dans une lettre datée du 17 février, dont Radio Okapi a obtenu copie le 20 février.

L’ARSP vise trois sociétés : KMS, Boart Longyear et la centrale d’achat TAI Services. Le régulateur affirme que ces entreprises ne remplissent pas les conditions légales pour exercer des activités de sous-traitance en République démocratique du Congo (RDC).

Cette décision vient d’un contrôle mené en novembre 2025 dans les installations de Kibali Gold Mine. Les équipes de l’ARSP disent y avoir constaté des « irrégularités » au regard de la loi qui encadre la sous-traitance dans le secteur privé. En clair, l’ARSP considère que certains contrats ne respectent pas les règles censées réserver une part des marchés aux entreprises congolaises et mieux encadrer les prestataires utilisés par les grands groupes.

Le directeur général de l’ARSP, Miguel Kashal Katemb, relie cette mise en demeure à l’orientation affichée par le président Félix-Antoine Tshisekedi : faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises (PME) congolaises aux marchés miniers. L’idée, selon lui, est d’utiliser ces contrats comme un levier économique pour soutenir des entreprises locales et favoriser l’émergence d’une classe moyenne.

L’ARSP dit aussi vouloir éviter un blocage des activités. Elle n’ordonne pas un arrêt immédiat des services concernés, mais demande à Kibali d’ouvrir des discussions pour fixer une période de transition. La mine est appelée à lancer de nouveaux appels d’offres, limités aux entreprises locales enregistrées auprès de l’ARSP, tout en garantissant la continuité des opérations pendant la régularisation.

Dans la foulée, certains journaux de Kinshasa, cités dans le texte d’origine, interprètent cette décision comme un signal contre des pratiques dénoncées dans le secteur, notamment l’opacité financière et l’usage de « prête-noms ». L’ARSP avertit enfin que Kibali, comme les autres sociétés principales, doit recourir à une main-d’œuvre et à des services locaux, sous peine de nouvelles sanctions.

— Joldie KAKESA

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