Les acteurs mondiaux du cuivre se sont réunis au Chili du 13 au 17 avril pour le sommet CESCO, l’un des principaux rendez-vous annuels du secteur. Les échanges ont mis en lumière des tensions structurelles sur la production alors que la demande est appelée à croître fortement avec l’électrification des transports et des réseaux énergétiques.
Les fonderies de cuivre traversent une période difficile. Les frais de traitement et d’affinage des concentrés restent en territoire négatif, signifiant que les fonderies paient pour traiter le minerai plutôt que d’être rémunérées pour ce service. Un soutien partiel vient des sous-produits comme l’acide sulfurique, mais cette source de revenus reste temporaire selon Kathleen Quirk, PDG de Freeport-McMoRan. Ce contexte pèse sur la rentabilité des opérations de transformation, un maillon clé de la chaîne de valeur du cuivre.
Pour la RDC, premier fournisseur mondial de cuivre derrière le Chili avec une production record de 3,5 millions de tonnes en 2025, ces signaux du marché ont des implications directes. La pression sur les coûts de traitement renforce l’intérêt de disposer de capacités de raffinage locales, comme la fonderie de Kamoa-Kakula entrée en service fin 2025, qui produit des anodes à 99,7 % de pureté et réduit de moitié les coûts logistiques par rapport à l’export de concentrés.
La demande mondiale de cuivre, portée par les véhicules électriques, les réseaux de distribution d’énergie et les infrastructures numériques, est attendue en forte progression sur la prochaine décennie. Mais combler le déficit d’offre prévu nécessitera des investissements massifs dans de nouveaux projets miniers, dans un contexte où les délais de mise en production s’allongent et les conditions géotechniques se dégradent sur les sites existants.
— M. KOSI
