B-READY 2025 : la RDC proche de la moyenne sur les règles, freinée par l’exécution

La RDC obtient 63,61 sur le pilier du cadre réglementaire dans B-READY 2025 de la Banque mondiale, un niveau proche de la moyenne mondiale (66,32). Le pays est beaucoup plus bas sur les services publics (26,56 contre 53,97) et en dessous sur l’efficacité opérationnelle (46,97 contre 60,03).

B-READY 2025 dresse un profil contrasté : sur le papier, la RDC n’est pas loin des standards internationaux. Le décrochage arrive quand il faut appliquer les règles, obtenir un service, ou faire fonctionner une procédure jusqu’au bout. Pour une entreprise, c’est souvent là que se jouent les délais, les coûts et la prévisibilité.

Là où la chaîne de l’entreprise tient… et là où elle se casse

Le rapport regarde 10 thèmes qui suivent le cycle de vie d’une entreprise. La RDC affiche ses meilleurs scores sur International Trade (60,97), Business Entry (58,19) et Utility Services (55,73). Autrement dit, sur le commerce extérieur, l’entrée en activité et l’accès à certains services de base, la performance est relativement meilleure dans l’échantillon.

Un niveau intermédiaire apparaît sur Labor (51,93) et Financial Services (48,22). Ces domaines comptent pour la vie des entreprises, car ils touchent au fonctionnement du marché du travail et à l’accès aux services financiers.

Les faiblesses les plus marquées sont ailleurs : Business Location (42,41), Dispute Resolution (39,86), Taxation (38,39), Market Competition (33,85) et surtout Business Insolvency (27,59). Ces thèmes pèsent directement sur l’investissement productif. Quand la justice commerciale fonctionne mal, un contrat devient plus risqué. Quand l’insolvabilité est mal encadrée, une entreprise en difficulté peut entraîner ses fournisseurs et ses banques dans une spirale de pertes. Quand la concurrence et la fiscalité sont imprévisibles, beaucoup d’acteurs préfèrent rester informels ou réduire leurs projets.

Le score du commerce peut aussi se lire à la lumière de l’économie congolaise : l’accès aux intrants, aux devises et aux marchés extérieurs est central. Un résultat plus élevé ici ne veut pas dire qu’il n’y a pas de frictions, seulement que la performance ressort mieux que sur d’autres maillons.

La comparaison avec certains pays africains met le contraste en évidence. Le rapport souligne le Rwanda comme seul pays d’Afrique subsaharienne à atteindre le top quintile sur un pilier, celui de l’efficacité opérationnelle. Les chiffres sont parlants : Rwanda (P1 72,54 ; P2 59,81 ; P3 71,47) contre RDC (P1 63,61 ; P2 26,56 ; P3 46,97). La différence n’est pas seulement une question de règles écrites. Elle se voit dans la capacité à transformer des procédures en résultats concrets : délais, fiabilité des services, effectivité des processus.

Peut-on dire que la RDC « avance » avec B-READY 2025 ? Le rapport invite à la prudence. Il s’agit d’une photo avec une référence au 1er sept. 2024, et il précise que les écarts entre 2024 et 2025 peuvent venir aussi de l’élargissement de la couverture et d’ajustements méthodologiques, pas uniquement de réformes. À partir de ce seul document, on peut situer la RDC, mais on ne peut pas conclure proprement à une progression ou à un recul sans une série comparable sur plusieurs années.

— M. KOSI

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