BAD–RDC : un portefeuille de 1,5 milliard USD pour transformer l’agriculture et soutenir l’énergie

La Banque africaine de développement appuie le gouvernement congolais avec un portefeuille actif passé de près de 1,2 milliard USD en 2022 à plus de 1,5 milliard USD en 2025, fortement orienté vers la production locale, la transformation agricole et l’accès à l’énergie, au cœur d’une revue de performance organisée à Kinshasa du 17 au 21 novembre 2025.

Agriculture, énergie et gouvernance au cœur des engagements de la BAD en RDC

En ouvrant les travaux de la revue de la performance du portefeuille de la BAD en République démocratique du Congo, à Kinshasa, le directeur adjoint de la Banque, Mohamed Cherif, a rappelé la priorité donnée à la production nationale. Selon lui, l’institution veut aider la RDC à renforcer l’offre locale, développer la transformation agro-industrielle et réduire la dépendance vis-à-vis des importations. Il a résumé cette orientation en ces termes :

« La BAD soutient les efforts du gouvernement pour bâtir une production locale forte et compétitive. »

En 2024, la Banque a engagé environ 400 millions USD dans le Programme de transformation de l’agriculture. Ce programme finance notamment l’augmentation de la production de maïs, manioc, soja et riz. Pour la BAD, les premières opérations sur le terrain doivent servir de démonstration : si les résultats suivent, d’autres partenaires seront encouragés à rejoindre l’effort de financement. Mohamed Cherif a indiqué que son institution suivra de près ces premiers investissements.

La question de l’énergie reste au centre de cette stratégie. La « mission 300 », qui vise à améliorer l’accès à l’électricité pour soutenir l’industrialisation de l’agriculture, nécessite encore des efforts importants. Dans ce cadre, le groupe de la BAD accompagnera la mise en œuvre du Compact sur l’Énergie préparé par le gouvernement, en collaboration étroite avec la Banque mondiale. L’idée est de mieux relier les investissements agricoles aux infrastructures énergétiques, condition indispensable pour faire tourner des usines de transformation sur le territoire.

À ce jour, les engagements de la BAD en RDC atteignent environ 1,6 milliard USD, avec un taux de décaissement de 28 % pour un âge moyen des opérations de 5,6 ans. Le portefeuille couvre plusieurs secteurs jugés prioritaires par les autorités : infrastructures de transport, projets énergétiques, agriculture, formation professionnelle et employabilité des jeunes, ainsi que des programmes de gouvernance et de renforcement institutionnel. L’enjeu est de transformer ces engagements en projets exécutés sur le terrain, avec un rythme de décaissement plus soutenu.

Sur le plan stratégique, la Banque et le gouvernement congolais ont fait le choix de promouvoir l’industrialisation à partir de la transformation des produits agricoles. Cette orientation reprend une formule mise en avant par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, qui souhaite que « le sol prenne sa revanche sur le sous-sol ». Pour y parvenir, la BAD insiste sur la nécessité d’une coordination solide au niveau national afin de faire converger les interventions des différents partenaires techniques et financiers. Elle salue à ce titre la création d’une delivery unit à la Primature, chargée de lever les blocages et d’accélérer la mise en œuvre des projets prioritaires.

Du côté des autorités congolaises, la vice-ministre des Finances, Yamba Kazadi Gracia, souligne l’importance de la revue de performance du portefeuille 2025. L’exercice doit permettre de dresser un état des lieux précis des opérations financées par la BAD, d’identifier les principales contraintes qui freinent l’exécution des projets et d’améliorer la qualité globale du portefeuille. Elle rappelle que la progression du volume d’engagements s’est accompagnée d’un travail de nettoyage, avec l’annulation de projets jugés à risque dans le secteur de l’énergie, notamment Boali, Zongo et Nelsap.

Les séances de Kinshasa, prévues du 17 au 21 novembre 2025, associent les équipes de la BAD et les administrations congolaises. Elles doivent déboucher sur des plans d’amélioration pour chaque projet ou groupe de projets, afin de relever les obstacles opérationnels, renforcer les capacités des unités de gestion et garantir la durabilité des investissements. L’objectif affiché est clair : faire en sorte que les fonds engagés se traduisent par des routes praticables, des réseaux électriques plus fiables, des chaînes de valeur agricoles mieux structurées et, à terme, des retombées visibles pour la population congolaise.

— M. KOSI

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