Les travaux de réhabilitation de la route Isiro–Buta, longue d’environ 500 kilomètres, ont atteint près de 60 % d’exécution dans le nord-est de la RDC. Lancé en septembre 2025, ce chantier doit reconnecter plusieurs territoires du Bas-Uélé et du Haut-Uélé à travers un axe routier considéré comme important pour les échanges agricoles et commerciaux. Selon la cellule de communication du gouverneur du Bas-Uélé, les équipes de la société ORC SARL ont déjà atteint une zone située à environ 10 kilomètres de Bambesa en direction de Buta.
La route traverse plusieurs localités, notamment Isiro, Poko, Dingila, Bambesa, Titule et Buta. Pendant plusieurs années, cet axe figurait parmi les routes les plus dégradées de cette partie du pays. Les usagers faisaient face à des bourbiers, des ponts endommagés et des sections devenues presque impraticables durant certaines périodes de l’année. Cette situation compliquait fortement les déplacements des populations et surtout l’évacuation des produits agricoles vers les centres urbains et commerciaux. Dans plusieurs territoires du Bas-Uélé et du Haut-Uélé, les coûts de transport avaient fortement augmenté à cause du mauvais état de la route.
Un chantier attendu pour relancer l’économie locale
Parmi les infrastructures considérées comme sensibles figure le pont Bomokadi, identifié depuis plusieurs années comme l’un des principaux points de blocage sur la liaison vers Buta. Sa réhabilitation est présentée localement comme une étape importante pour améliorer l’accès à plusieurs localités riveraines et faciliter la circulation des marchandises.
Les autorités provinciales espèrent que l’avancement de ce chantier permettra de relancer progressivement les échanges économiques dans une région disposant d’un important potentiel agricole, mais encore pénalisée par les difficultés d’accès aux marchés. L’amélioration de l’axe Isiro–Buta pourrait réduire les délais de transport, améliorer la mobilité des populations et faciliter l’approvisionnement des centres urbains de la région.
Comme dans plusieurs provinces de la RDC, les infrastructures routières restent un défi pour le développement économique. Dans de nombreuses zones rurales, l’état des routes continue d’augmenter les coûts logistiques et de limiter les échanges entre provinces. Pour plusieurs économistes, les routes secondaires et provinciales jouent un rôle direct dans la sécurité alimentaire et dans les revenus des producteurs agricoles, car une partie importante des gains réalisés dans les activités rurales est souvent absorbée par les dépenses de transport lorsque les axes deviennent difficilement praticables.
À travers la réhabilitation de l’axe Isiro–Buta, les autorités provinciales veulent redonner à cette route sa fonction économique initiale, celle de connecter les bassins agricoles du nord-est du pays aux principaux circuits commerciaux.
— M. KOSI
