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Budget 2024 en RDC : 1 160,1 milliards de CDF dépensés sur une prévision de 2 239,7 milliards

ministère des finances

En République démocratique du Congo, l’analyse des finances publiques à la mi-décembre 2024 soulève des interrogations sur l’efficience de l’exécution budgétaire. Avec un taux d’utilisation des dépenses évalué à 51,8 %, le pays n’a engagé que 1 160,1 milliards de francs congolais (CDF) sur une prévision mensuelle de 2 239,7 milliards de CDF, révélant un écart important entre les projections et la réalité.

Cette situation met en évidence les défis structurels qui entravent une mise en œuvre optimale des programmes financiers de l’État. Les dysfonctionnements administratifs, combinés à une mobilisation fluctuante des ressources internes, ralentissent les décaissements. Les administrations locales, en particulier, peinent à absorber les budgets qui leur sont alloués, faute d’un mécanisme de planification rigoureux et de suivi efficace.

Les secteurs sociaux, souvent prioritaires dans les discours politiques, subissent les retards engendrés par ce niveau d’exécution limité. Par exemple, des initiatives visant à renforcer les infrastructures de santé et à améliorer les conditions d’apprentissage dans les écoles publiques stagnent. Ces blocages ne se traduisent pas seulement par des retards dans les projets, mais aussi par une perte de confiance des citoyens envers les capacités de l’État à répondre à leurs attentes.

Pour certains observateurs, la situation pourrait être imputée à une gestion prudente des finances publiques en fin d’année, alors que les responsables cherchent à éviter les dépassements budgétaires. Toutefois, cette prudence budgétaire risque de compromettre l’impact socio-économique des investissements prévus.

En 2025, la RDC devra affronter un double défi : accélérer l’exécution des dépenses tout en garantissant leur efficacité. Cela nécessitera des réformes audacieuses pour simplifier les procédures administratives, renforcer la transparence dans l’allocation des fonds et optimiser la mobilisation des recettes fiscales. La maîtrise de ces leviers sera essentielle pour transformer les promesses budgétaires en actions concrètes sur le terrain.


Peter MOYI

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