Le budget 2025 de la République Démocratique du Congo, d’un montant total de 51.553,54 milliards de francs congolais, a été promulgué le 22 décembre par le président Félix Tshisekedi. Cette enveloppe, qui entrera en application dès le 1ᵉʳ janvier prochain, marque une progression visible par rapport à l’exercice précédent. Cependant, cette hausse soulève des interrogations, tant sur sa faisabilité que sur les priorités qu’elle reflète.
Dès sa présentation initiale à l’Assemblée nationale par la Première ministre Judith Suminwa, le 31 octobre 2024, le projet de budget a suscité des ajustements significatifs. Passant de 49.846,8 milliards de FC à 51.133,6 milliards après examen parlementaire, il a finalement atteint son chiffre actuel après des modifications au Sénat. Cette augmentation globale de 25,8 % par rapport au budget 2024 reflète des ambitions financières élevées, mais elle ne fait pas l’unanimité.
Des organisations comme l’Observatoire de la dépense publique (ODEP) et le Centre de recherches en finances publiques (CREFDL) soulignent des écarts persistants entre les prévisions budgétaires et leur mise en œuvre réelle au cours des dernières années. Ces institutions, appuyées par des analyses de la Cour des comptes, pointent du doigt des exécutions budgétaires souvent défaillantes, révélant des défis structurels dans la gestion des finances publiques.
Lors d’une conférence tenue à Kinshasa le 21 décembre, le Réseau de gouvernance économique et de démocratie (REGED) a émis de sévères critiques à l’encontre de cette loi de finances. Selon cette organisation, le budget 2025 a été conçu sans s’appuyer sur un cadre stratégique clairement défini, comme le Plan national stratégique de développement (PNSD), pourtant essentiel pour une allocation efficace des ressources. Cette absence, estime le REGED, risque de compromettre l’impact réel de ce budget sur les priorités nationales.
Face à ces constats, des propositions concrètes émergent. Le REGED invite le gouvernement à engager, dès les premiers mois de 2025, des discussions avec les acteurs concernés afin d’élaborer un PNSD couvrant la période 2025-2027. Cette initiative pourrait déboucher sur une révision budgétaire, mieux alignée avec les réalités économiques et sociales du pays.
Alors que le budget promulgué affiche des ambitions de développement, son succès dépendra largement de la capacité des autorités à en garantir une exécution rigoureuse et transparente, tout en conciliant les attentes des citoyens et les impératifs de croissance économique.
Peter MOYI
