La Première ministre Judith Suminwa a présenté, le 18 novembre 2025, à l’Assemblée nationale un projet de loi de finances 2026 fixé à 59 021 milliards CDF, en équilibre en recettes et en dépenses. Ce montant représente une hausse d’environ 16 % par rapport au budget rectificatif 2025, arrêté à 50 692 milliards CDF, et se concentre sur cinq grandes priorités : sécurité, développement économique, éducation, santé et protection sociale.
Cinq axes de dépenses pour encadrer l’exercice 2026
Le Gouvernement place d’abord la sécurité et la défense nationale au centre de l’effort budgétaire. Dans un contexte où la souveraineté du pays reste menacée, près de 11 896 milliards CDF, soit environ 30 % du budget général, sont réservés aux forces armées, à la police et aux services de sécurité. Ces ressources doivent servir à mieux équiper les unités, renforcer la logistique et améliorer la prise en charge du personnel militaire et policier. L’objectif est de disposer de forces mieux préparées sur le terrain et de conditions de vie plus stables pour ceux qui assurent la sécurité de la population.
Deuxième priorité, les affaires économiques, avec une enveloppe de 11 972 milliards CDF. Le Gouvernement veut renforcer les bases de la diversification de l’économie en appuyant plusieurs secteurs : infrastructures, transports, énergie et agriculture. Le Programme de Développement Local des 145 Territoires reste un chantier important, tout comme les projets énergétiques structurants tels qu’Inga III et la réhabilitation des routes et autres moyens de transport. En parallèle, des crédits d’environ 3 546 milliards CDF sont prévus pour la mécanisation agricole, la transformation des produits locaux, le soutien à la pêche et à l’élevage, la construction ou la réhabilitation des routes de desserte agricole et l’appui au tissu industriel.
Sur le plan social, l’éducation reste un pilier. La gratuité de l’enseignement primaire, déjà mise en place, doit être consolidée. Une enveloppe de 6 657 milliards CDF finance la construction et la réhabilitation d’écoles, la formation continue des enseignants, la prise en charge de nouvelles unités et le paiement des salaires. L’objectif affiché est de maintenir les enfants à l’école dans de meilleures conditions, en particulier dans les zones où les infrastructures restent limitées.
La santé représente une autre priorité forte. Avec environ 5 579 milliards CDF, le Gouvernement poursuit la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU). Les accouchements, les soins prénatals, postnatals et néonatals doivent rester pris en charge, tandis que les moyens alloués visent aussi à renforcer la riposte contre les maladies endémiques et la résurgence des maladies hydriques. Une attention particulière est annoncée pour les provinces touchées par des crises humanitaires, où l’accès aux soins reste difficile et les besoins sanitaires importants.
Enfin, la protection sociale et la solidarité nationale bénéficient de crédits de l’ordre de 1 211 milliards CDF. Ces fonds couvrent les pensions, les retraites et l’assistance aux déplacés internes. Dans la partie Est du pays comme dans d’autres régions, de nombreuses familles vivent encore dans une grande précarité. Le budget cherche à apporter un soutien financier et humanitaire, en complément des actions de sécurité et de relèvement déjà engagées.
À l’issue de la présentation de la Première ministre, l’Assemblée nationale a déclaré recevable le projet de budget 2026. Le texte est désormais transmis à la Commission Économie et Finances pour un examen détaillé, au cours duquel les montants et les répartitions pourront être ajustés en fonction de l’évolution du cadre macroéconomique avant l’adoption définitive.
— M. KOSI
