La pénurie de carburant à Bukavu se prolonge depuis une semaine. Les stations encore ravitaillées délivrent au compte-gouttes, formant des files quotidiennes et freinant la mobilité. Le litre d’essence en station est passé de 3 200 FC à 3 600 FC (+12,5 %). En périphérie, le marché informel impose ses prix : 4 000 à 4 800 FC le litre, soit +11,1 % à +33,3 % par rapport au tarif en station.
Le transport urbain encaisse le choc. Les motos, moteur des déplacements à Bukavu, ont ajusté leurs courses : de 2 000 FC auparavant à 2 500–3 000 FC, soit une hausse de 25 % à 50 %.
Contexte et antécédents : sécurité, logistique et spéculation
La ville se trouve sous contrôle du M23 depuis février, après la prise de Bukavu, capitale du Sud-Kivu. Des acteurs économiques touchés par des pillages ont suspendu leurs activités et toutes les institutions bancaires ont fermé.
Un épisode comparable s’est produit en janvier : les pétroliers évoquaient un manque d’approvisionnement en provenance du Rwanda, du Kenya et de la Tanzanie, lié à des ajustements de planification de début d’année. La raréfaction des stocks locaux a favorisé la spéculation de petits revendeurs dits « Kadhafi ». Alors que le prix officiel s’établissait à 3 776 FC le litre, le marché parallèle l’a poussé jusqu’à 5 000 FC, soit +32,4 %, avec un renchérissement immédiat des courses urbaines.
Aucune information supplémentaire sur la durée prévue de la pénurie, le calendrier de réouverture des banques ou les volumes d’approvisionnement attendus n’apparaît dans le texte source.
— M. KOSI
