Le Cadastre minier (CAMI) se retrouve de nouveau au centre des débats autour de l’acquisition et de la réhabilitation de l’immeuble ex-Sabena à Kinshasa. Selon plusieurs informations relayées par des médias locaux, le coût global du projet approcherait désormais les 17 millions USD, en additionnant l’achat du bâtiment et les travaux de réhabilitation. Ces montants ravivent les demandes de clarification au sein de l’établissement public, alors que le CAMI avait déjà défendu en 2025 une opération menée, selon lui, dans le respect des règles de gouvernance et des procédures légales.
D’après les chiffres avancés par des sources internes citées dans la presse, l’immeuble aurait été acquis pour près de 9 millions USD, tandis que les travaux engagés représenteraient environ 8 millions USD supplémentaires. Mais ces données contrastent avec les déclarations faites en juillet 2025 par l’Association nationale des établissements publics et entreprises du portefeuille (ANEP). Après une visite du site, l’organisation avait affirmé que le bâtiment de près de 6 400 m² avait été acheté pour 7 680 000 USD, tout en assurant que la transaction s’était déroulée sans surfacturation ni interférence politique. Le CAMI avait également publié un communiqué pour rejeter les accusations liées à cette acquisition et rappeler que le dossier avait suivi les normes de bonne gouvernance.
Un enjeu de crédibilité pour le Cadastre minier
La polémique actuelle ne porte plus seulement sur l’achat du bâtiment, mais sur la gestion globale du projet. Des critiques internes évoquent des interrogations sur le rythme des décaissements, le suivi des travaux, les éventuels avenants signés durant le chantier ainsi que l’absence de calendrier clair concernant l’achèvement du projet. Certains agents demandent aussi que les montants déjà payés soient comparés à l’état réel d’avancement des travaux.
Pour le CAMI, ce dossier a une portée qui dépasse le simple cadre immobilier. L’institution joue un rôle central dans la gestion des titres miniers en RDC, un secteur qui représente une part importante des recettes publiques et des investissements étrangers. La fiabilité des données cadastrales, la sécurité juridique des permis et la confiance des opérateurs miniers dépendent aussi de l’image de gouvernance de l’établissement.
C’est dans ce contexte que plusieurs voix réclament un audit administratif, financier et technique indépendant. Une telle démarche permettrait de retracer l’ensemble du processus, depuis l’achat du bâtiment jusqu’aux marchés de réhabilitation, en passant par les contrats, les paiements, les factures et les procès-verbaux de réception. Des médias locaux évoquent également des appels à une éventuelle saisine du Procureur général si des irrégularités venaient à être établies.
À ce jour, aucune décision officielle d’audit n’a encore été annoncée publiquement. Les accusations relayées dans les médias restent donc à vérifier par les structures compétentes. Mais les écarts entre les montants actuellement évoqués et ceux présentés en 2025 par l’ANEP ou le CAMI alimentent les demandes d’explications. Pour plusieurs observateurs, une communication plus détaillée sur les dépenses engagées pourrait permettre de réduire les soupçons et de restaurer la confiance autour d’un projet présenté à l’origine comme une amélioration des conditions de travail des agents du Cadastre minier.
— Peter MOYI
