Alerte industrielle : CHEMAF prévient qu’elle mettra à l’arrêt la production de cathodes de cuivre fin novembre 2025 si la cession de l’entreprise n’aboutit pas. Plus de 3 000 salariés à Lubumbashi et Kolwezi sont exposés.
Emploi, trésorerie et continuité d’exploitation
Le message est tombé le 19 septembre 2025 par courriel : CHEMAF conditionne la poursuite de ses opérations au succès d’une vente engagée depuis août 2023. Un candidat a été identifié, mais les autorisations réglementaires attendues pour mars 2025 n’ont pas été délivrées. L’entreprise reste en quête d’un accord ferme. À défaut, l’arrêt des lignes de cathodes et des activités associées interviendrait à la fin de novembre 2025.
Le président du conseil d’administration, Shiraz Virj, résume la contrainte de calendrier :
« CHEMAF est à la recherche d’un investisseur depuis août 2023… Nous mettons tout en œuvre pour conclure un accord avec un nouvel investisseur. »
Sur le plan économique, l’arrêt redessinerait immédiatement la structure des coûts : les charges fixes demeurent (maintenance, sécurité des sites, obligations contractuelles), tandis que la baisse de volumes assèche la trésorerie d’exploitation. Sans flux de ventes, la liquidité se tend et la capacité à honorer la paie, les fournisseurs et le service des contrats tiers s’érode. Pour un producteur de cathodes, l’équilibre repose sur la continuité du procédé et la rotation du fonds de roulement ; une suspension multiplie les frais de redémarrage et fragilise la chaîne d’approvisionnement locale (sous-traitants, transport, services industriels).
La délégation syndicale en mission à Kinshasa dit travailler à un atterrissage ordonné du dossier pour protéger l’emploi. Juresse Lokosha affirme viser une solution rapide afin de préserver les familles et la paix sociale. Les représentants ont été reçus le lundi 15 septembre par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba. Ils ont exposé le risque d’un basculement de plus de 3 000 personnes au chômage si la cession reste bloquée. À la sortie, la partie syndicale s’est dite encouragée par l’engagement du ministère à sécuriser les postes.
L’équation industrielle tient désormais à un feu vert au capital. Un investisseur et des autorisations, c’est la garantie de poursuivre la production sur les sites de Lubumbashi et Kolwezi et de maintenir les recettes liées aux cathodes. À défaut, la fermeture imposerait une gestion à coût élevé du mothballing et reporterait toute reprise à un futur plus incertain pour les équipes, les fournisseurs et les recettes locales.
— Peter MOYI
