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Cobalt, cuivre et réformes : la RDC convainc les marchés financiers mondiaux et lève 1,25 milliard en obligations internationales

Doudou Fwamba

La République démocratique du Congo a réalisé sa première émission obligataire internationale, levant 1,25 milliard de dollars auprès d’investisseurs du monde entier, selon Reuters. L’opération comprend 600 millions de dollars d’obligations à échéance 2032 avec un rendement de 8,75 % et 650 millions de dollars d’obligations à échéance 2037 à 9,50 %.

La demande a largement dépassé l’offre. Les carnets d’ordres ont atteint respectivement 2 milliards et 2,8 milliards de dollars, permettant au gouvernement de resserrer les taux par rapport aux indications initiales de 9,125 % et 10 %. Cette sursouscription traduit un intérêt soutenu des investisseurs internationaux pour la signature congolaise.

Le ministre des Finances Doudou Fwamba a déclaré à Reuters que cette émission témoigne de la reconnaissance des progrès du pays en matière de stabilité macroéconomique, de gestion des finances publiques et de réformes structurelles. « Notre ambition est de devenir un émetteur souverain régulier », a-t-il affirmé.

Plusieurs facteurs ont facilité cette opération. S&P Global Ratings a attribué en janvier 2026 une perspective de crédit positive à la RDC, citant des perspectives de croissance robustes et des améliorations des réserves de change et du recouvrement fiscal. Le cessez-le-feu provisoire entre Washington et Téhéran a également stabilisé les marchés financiers internationaux, levant une partie des craintes inflationnistes qui pesaient sur les émissions des marchés émergents.

Les fonds levés s’inscrivent dans un programme d’euro-obligations de 1,5 milliard de dollars annoncé en début d’année et seront destinés à des projets d’infrastructure, d’énergie et sociaux. Il s’agit d’obligations senior non garanties et amortissables.

Une ouverture aux marchés qui s’accompagne de risques documentés

Dans sa documentation obligataire, la RDC reconnaît plusieurs risques persistants. Le pays reste fortement dépendant de ses exportations minières, exposé aux conflits dans ses régions orientales, à la volatilité des prix des matières premières et à la concentration de son économie sur la Chine. Les financements concessionnels représentent encore 97 % de sa dette extérieure, ce qui illustre à quel point cette émission marque une rupture dans la structure de financement du pays.

Pour Kinshasa, devenir un émetteur souverain régulier sur les marchés internationaux permettrait de diversifier ses sources de financement, de réduire sa dépendance aux prêts concessionnels des institutions multilatérales et de financer ses infrastructures à des conditions de marché.

— Peter MOYI

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