Le gouvernement tente de débloquer un dossier sensible : depuis cinq ans, des agents de trois établissements publics du Développement rural n’ont plus de salaire. Au cœur de cette situation, deux services clés pour les campagnes congolaises, l’OVDA et l’ONHR, qui voient leurs missions fragilisées.
Cinq ans sans salaire pour des services vitaux à l’intérieur du pays
Le vendredi 12 décembre, le ministre d’État en charge du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, s’est présenté avec toute son équipe devant le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito Fumutshi. Objectif : mettre à plat un dossier resté sans solution pendant cinq ans, celui des arriérés de rémunération dans trois établissements sous sa tutelle.
Parmi eux, l’Office des voies de desserte agricole (OVDA), chargé d’ouvrir et d’entretenir les routes qui relient les zones de production agricole aux marchés. Et l’Office national d’hydraulique rurale (ONHR), responsable de l’accès à l’eau potable dans les villages. Quand leurs agents ne sont pas payés pendant des années, les routes agricoles se dégradent, les pompes tombent en panne, et les populations rurales voient leurs conditions de vie se détériorer.
Le ministre d’État parle d’un « blocage administratif prolongé » qui aurait empêché la prise en charge budgétaire normale de ces structures pendant plusieurs exercices. Il rappelle avec insistance : « Il s’agit de trois établissements qui ne sont pas payés depuis cinq ans ». Derrière cette phrase, il y a des familles sans revenu stable et des services publics quasi à l’arrêt.
Face à cette situation, les deux membres du gouvernement ont décidé de mettre en place une commission conjointe Budget–Développement rural. Cette équipe technique devra identifier les causes administratives du blocage, rétablir le circuit budgétaire et proposer des solutions durables, avec une échéance claire : intégrer ces corrections dans le Budget 2026. L’enjeu est simple à comprendre pour le grand public : si ces établissements ne rentrent pas dans le circuit normal du Budget de l’État, ils ne pourront ni payer leurs agents ni assurer leurs missions sur le terrain.
Le ministre d’État souligne la disponibilité de son collègue du Budget, qu’il décrit comme « très pragmatique et compréhensif ». Il envoie aussi un message direct aux agents concernés. Il leur demande de rester calmes et leur assure que le problème est désormais suivi au plus haut niveau : « Sans rémunération, il ne peut y avoir ni services, ni agriculture, ni accès à l’eau », insiste-t-il, avant de conclure : « Nous avons pris ces dossiers à bras-le-corps. Le gouvernement travaille et assume ses responsabilités ».
— M. KOSI
