Le 19 décembre 2024, Kinshasa a accueilli un événement pour la République Démocratique du Congo, consacré au programme Compact énergétique de la RDC. Cette rencontre, qui a réuni des experts, des responsables gouvernementaux et des acteurs institutionnels, a permis de poser les bases d’une stratégie visant à répondre aux besoins énergétiques croissants du pays.
Sous l’égide du Président Félix-Antoine Tshisekedi, ce programme se veut un levier essentiel pour moderniser le secteur énergétique national et permettre un accès plus large à l’électricité, notamment dans les régions les plus reculées. Alors que la RDC peine encore à répondre aux besoins énergétiques de sa population, ce projet, soutenu par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), a pour ambition de redéfinir les contours du secteur de l’énergie en y intégrant des solutions durables et adaptées au contexte local.
Le programme repose sur plusieurs priorités, parmi lesquelles l’amélioration des infrastructures de production d’énergie, la mise en place de réseaux de distribution performants et accessibles, et la stimulation des investissements privés pour soutenir l’expansion du secteur. Ces mesures devraient permettre de réduire le déficit énergétique du pays et offrir à la population un accès fiable à l’électricité.
L’un des points importants de cette rencontre a été la question du financement et des partenariats nécessaires pour soutenir les ambitions du Compact énergétique. La mobilisation de ressources, tant humaines que financières, a été identifiée comme un enjeu fondamental pour la réussite de ce projet à long terme. Lors de son discours, Guylain Nyembo, vice-Premier ministre et ministre du Plan, a insisté sur l’importance d’une approche collective pour garantir la mise en œuvre de ces solutions : « Le développement du secteur énergétique nécessite une coopération renforcée entre le public et le privé, ainsi qu’un engagement ferme des partenaires internationaux », a-t-il déclaré.
À l’heure actuelle, seulement 21,5 % de la population congolaise a accès à l’électricité. Ce taux reste parmi les plus faibles au monde, et les défis pour l’augmenter sont nombreux. Les participants à cette rencontre ont souligné que des efforts significatifs sont nécessaires pour atteindre un objectif de 62 % d’accès à l’électricité d’ici 2030, un objectif ambitieux mais réalisable si des réformes structurelles sont mises en place de manière efficace.
Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Teddy Lwamba, a rappelé que le secteur devait évoluer pour garantir une fourniture d’électricité à un coût abordable pour les Congolais. « Nous avons la responsabilité de moderniser le secteur pour qu’il soit à la fois fiable et accessible, afin d’améliorer les conditions de vie des populations », a-t-il affirmé.
En parallèle, Jean-Pierre Mukadi, coordonnateur de l’UCM, a souligné que la mise en œuvre du Compact énergétique pourrait permettre d’élargir l’accès à l’électricité à plus de 10 millions de Congolais. Cependant, même avec cet ajout, le pays n’atteindrait que 23 % de couverture, un chiffre encore insuffisant pour faire face à la demande croissante d’énergie. Des investissements substantiels seront nécessaires pour atteindre les objectifs fixés à long terme.
Les discussions ont également porté sur les défis liés à l’adoption des énergies renouvelables et à la mise en place de solutions décentralisées, notamment pour les zones rurales où l’accès à l’électricité reste limité. Didier Tsasa, spécialiste senior de la Banque mondiale, a rappelé que ces projets nécessitent des investissements importants dans les infrastructures et une réforme du cadre réglementaire, qui reste aujourd’hui un obstacle au développement du secteur.
En fin de rencontre, un message de mobilisation a été lancé, appelant à une action rapide pour garantir la réussite de la transition énergétique. L’optimisme était palpable, avec des engagements clairs des parties prenantes pour travailler ensemble à l’élargissement de l’accès à l’énergie en RDC, un enjeu aussi necessaire pour le développement socio-économique du pays.
Peter MOYI
