Lobito Atlantic Railway a participé à l’édition 2026 du Katanga Business Meeting organisée à Kolwezi, un rendez-vous économique centré sur les infrastructures, les mines et l’intégration régionale. À travers cette présence, l’entreprise a voulu rappeler le rôle stratégique du corridor de Lobito dans le transport des minerais de la RDC et de la Zambie vers les marchés internationaux, mais aussi les difficultés qui freinent encore le plein développement de cette voie logistique.
Lors d’un panel consacré au corridor de Lobito, Nicolas Gregoir, directeur chargé des projets, du transport et de la logistique chez Lobito Atlantic Railway, a échangé avec plusieurs acteurs publics et privés autour des enjeux liés à cette infrastructure régionale. Les discussions ont principalement porté sur la capacité du corridor à soutenir les exportations minières, réduire les coûts logistiques et améliorer la connectivité entre l’Afrique centrale, l’Afrique australe et les marchés mondiaux.
Le corridor de Lobito est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux projets logistiques soutenus par les partenaires occidentaux dans la région. Son objectif est de connecter les zones minières du Copperbelt, en RDC et en Zambie, au port angolais de Lobito grâce au réseau ferroviaire du chemin de fer de Benguela. Pour les opérateurs miniers, cette infrastructure représente une alternative importante pour l’exportation du cuivre, du cobalt et d’autres minerais utilisés dans les batteries, les véhicules électriques et plusieurs industries technologiques.
Les intervenants ont insisté sur le fait que la compétitivité minière ne dépend plus uniquement de la production. Les délais de transport, les procédures douanières, la sécurité des corridors et la qualité des infrastructures deviennent aussi des éléments déterminants dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans ce contexte, plusieurs participants ont plaidé pour une coopération plus étroite entre les États, les opérateurs privés et les partenaires techniques afin d’accélérer les investissements et d’améliorer la coordination régionale.
Les échanges ont également mis en lumière plusieurs contraintes qui continuent de ralentir le développement du corridor. Parmi les difficultés citées figurent la modernisation des infrastructures ferroviaires, la fluidité des formalités douanières, l’harmonisation des réglementations entre les pays concernés ainsi que les risques climatiques qui fragilisent certaines infrastructures stratégiques. Les récentes inondations observées sur certaines portions du chemin de fer de Benguela en Angola ont notamment rappelé les défis liés à la résilience climatique des réseaux logistiques.
À travers sa participation au KBM 2026, Lobito Atlantic Railway a réaffirmé sa volonté de développer des solutions de transport intégrées entre les régions minières et les marchés internationaux. L’entreprise estime que le corridor peut contribuer à améliorer la compétitivité logistique de la RDC et attirer davantage d’investissements dans les secteurs minier et industriel.
Pour plusieurs analystes présents au forum, la réussite du corridor dépendra surtout de la capacité des États et des partenaires privés à maintenir les investissements, sécuriser les infrastructures et garantir une meilleure coordination des politiques de transport et de commerce dans la région.
— Peter MOYI

