Avec un territoire de 2,345 millions de km² et plus de 1 500 km entre certaines grandes villes, la RDC doit dépasser la simple construction de routes pour organiser de véritables corridors économiques. C’est le message défendu par Bodom Matungulu lors de la Semaine française de Kinshasa organisée du 22 au 24 avril 2026.
Le président du conseil d’administration de Matadi Corridor Terminaux à Conteneurs a rappelé que les distances en RDC ressemblent davantage à des liaisons entre capitales européennes qu’à des trajets intérieurs classiques. Entre Kinshasa et Lubumbashi, il faut parcourir 1 569 km. Entre Kinshasa et Goma, la distance atteint 1 580 km.
Des infrastructures liées à la production et au commerce
Pour Bodom Matungulu, le défi congolais ne se limite pas à connecter des villes par des routes ou des voies ferrées. Le pays doit construire des corridors capables de relier les zones minières, agricoles et industrielles aux marchés, aux frontières et aux ports.
Cette approche a occupé une place importante durant la 9e édition de la Semaine française de Kinshasa, un rendez-vous économique organisé par la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise. Les discussions ont notamment porté sur la logistique et les infrastructures nécessaires pour améliorer les échanges à travers le territoire.
Dans cette logique, une infrastructure n’a de valeur économique que si elle facilite réellement la circulation des marchandises, réduit les coûts de transport et soutient les activités productives. Une route isolée ou un chemin de fer mal connecté peut rester sous-utilisé malgré des investissements importants.
Bodom Matungulu a aussi insisté sur un autre problème. Selon lui, la RDC dépend encore fortement d’expertises étrangères pour construire, exploiter et entretenir ses infrastructures. Il a appelé les autorités à renforcer la formation de travailleurs congolais dans plusieurs métiers liés aux grands projets.
Les besoins concernent notamment les conducteurs d’engins, les techniciens portuaires, les ingénieurs, les spécialistes ferroviaires, les logisticiens ou encore les experts en financement de projets. Sans ces compétences locales, les infrastructures risquent de fonctionner avec une faible maîtrise nationale.
Le sujet dépasse donc la question du transport. Pour un pays de plus de 2,34 millions de km², la connectivité devient aussi une question d’intégration économique et de souveraineté. La RDC cherche désormais à transformer ses longues distances en réseaux capables de soutenir les échanges, l’industrie, l’agriculture et les exportations.
— Joldie KAKESA
