Dans la nuit du 10 au 11 septembre 2025, l’aéroport international de N’Djili a subi une coupure d’électricité qui a éteint la tour de contrôle et mis hors service le balisage des pistes au moment de l’atterrissage de l’avion présidentiel. L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) a ouvert un audit immédiat et pointe une vulnérabilité de l’alimentation primaire du site.
Inspection, diagnostic et risque de récidive
Sous l’autorité de sa directrice générale, Pr Dr Ir. Sandrine Ngalula Mubenga, l’ARE a mandaté une équipe d’experts techniques assermentés (OPJ) et un juriste senior. Pendant quatre jours, les contrôles ont ciblé les maillons critiques : nouvelle et ancienne centrales thermiques, sous-station SNEL-RVA, nouvelle tour de contrôle, aérogare internationale. Objectif : vérifier la documentation, l’état des installations et la chaîne d’alimentation opérationnelle.
Le schéma électrique actuel repose sur une double source : la sous-station SNEL-RVA et deux centrales thermiques d’appoint. La stabilité du réseau public s’est dégradée sous l’effet de la hausse des charges liées à l’urbanisation rapide des quartiers voisins. Cette pression sur le réseau a exposé les équipements les plus sensibles. Résultat immédiat la nuit des faits : extinction de la nouvelle tour de contrôle et du balisage lumineux. L’aérogare internationale n’a pas été interrompue, signe d’une distribution interne hétérogène selon les usages alimentés et la priorisation des charges.
Au terme des vérifications, les experts ont échangé avec le commandant a.i. de l’aéroport et le responsable de la division technique de la RVA. Leur conclusion est claire : tant que les installations ne seront pas mises en conformité, le site restera exposé à un incident comparable. L’épisode survenu lors d’un vol présidentiel rappelle le besoin d’une continuité d’alimentation garantie pour les fonctions de contrôle aérien, avec une tolérance minimale aux variations du réseau public.
L’ARE demande des mesures immédiates pour fiabiliser la source primaire et renforcer la résilience des équipements critiques. Les priorités opérationnelles visent la continuité de service des systèmes de navigation et d’atterrissage, la réduction des interruptions sur la tour de contrôle et la sécurisation des sites stratégiques sur l’ensemble du territoire. La régulation appelle à un plan d’action rapide avec calendrier, responsabilités identifiées et suivi technique rapproché afin de ramener un niveau de risque compatible avec les exigences de la sûreté aéronautique.
— Peter MOYI

