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Cour des comptes : des détournements présumés signalés dans plusieurs institutions publiques

Cour des comptes

La Cour des comptes a annoncé, le 13 mai 2026 à Kinshasa, l’existence de plusieurs présomptions de détournements de fonds publics au sein du gouvernement central, des exécutifs provinciaux et de certaines entreprises publiques. L’institution évoque notamment des dépenses effectuées sans pièces justificatives conformes aux règles budgétaires et comptables en vigueur.

Lors d’un briefing de presse consacré au contrôle des finances publiques, le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga Ngwaka, a expliqué que plusieurs anomalies ont été relevées depuis la rentrée judiciaire de mars dernier dans les comptabilités mensuelles de certaines administrations publiques. Selon lui, l’absence de documents justificatifs constitue un signal sérieux d’irrégularité dans la gestion des fonds publics. « Lorsque nous examinons les comptabilités mensuelles de certains ministères et institutions publiques, la Cour des comptes constate des dépenses sans pièces justificatives. Dans ce cas, il y a présomption de détournement », a-t-il déclaré.

La Cour des comptes annonce déjà des poursuites contre plusieurs comptables publics concernés. Certains dossiers, considérés comme plus sensibles, pourraient également être transmis à d’autres juridictions compétentes. De son côté, le procureur général près la Cour des comptes, Guy Tshipata Mulumba, a confirmé l’ouverture de plusieurs audits afin de déterminer les responsabilités dans les institutions visées.

Dans les systèmes de gestion budgétaire, chaque dépense publique doit être accompagnée de documents permettant de retracer l’utilisation de l’argent de l’État. Ces pièces servent à identifier l’origine des fonds, la nature des dépenses, les bénéficiaires ainsi que les procédures ayant autorisé les paiements. Lorsqu’elles sont absentes ou incomplètes, les mécanismes de contrôle deviennent plus fragiles et les risques de paiements irréguliers ou de détournements augmentent.

Cette nouvelle séquence intervient alors que la RDC poursuit plusieurs réformes dans le domaine des finances publiques et de la gouvernance budgétaire, notamment dans le cadre du programme soutenu par le Fonds monétaire international. Pour plusieurs analystes, les questions de traçabilité des dépenses publiques et de contrôle des comptes restent essentielles pour renforcer la crédibilité financière de l’État et maintenir la confiance des partenaires financiers.

Plusieurs observateurs estiment aussi que la lutte contre les détournements ne dépend pas uniquement des annonces judiciaires. Elle passe également par une meilleure digitalisation de la chaîne de dépense publique, le renforcement des contrôles internes et une application plus régulière des sanctions prévues par la loi.

— Joldie KAKESA

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