Site icon LePoint.cd

Cuivre : la hausse des prix peut augmenter les revenus miniers de la RDC

tonnes de cuivre

A worker inspects rolls of copper wiring in a storage room at Grupo Mexico SAB's La Caridad mining and smelter facility in Sonora, Mexico, on Tuesday, May 7, 2013. Grupo Mexico SAB, Mexico’s biggest mining company by market value, estimates it will produce 840,000 tons of copper in 2013. Photographer: Susana Gonzalez/Bloomberg

Le cuivre poursuit sa progression sur les marchés internationaux. Au 11 mai 2026, le prix officiel du métal rouge sur le London Metal Exchange (LME) atteignait 13 673 USD la tonne, tandis que les contrats à terme américains sont montés jusqu’à 6,4135 USD la livre. Pour la République démocratique du Congo, deuxième producteur mondial derrière le Chili, cette hausse peut soutenir les recettes minières et renforcer les revenus liés aux exportations. Elle rappelle aussi la forte dépendance de l’économie congolaise aux fluctuations des matières premières.

Cette montée des prix intervient dans un contexte où la demande mondiale reste élevée. Le cuivre est devenu un métal stratégique pour les réseaux électriques, les véhicules électriques, les centres de données et les infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Dans le même temps, plusieurs difficultés d’approvisionnement continuent de maintenir la pression sur le marché, notamment la reprise plus lente de certaines grandes mines comme Grasberg en Indonésie et les tensions sur certains intrants utilisés dans le raffinage du cuivre.

Pour la RDC, cette situation peut générer des recettes supplémentaires à travers les redevances minières, l’impôt sur les bénéfices des entreprises, les droits liés aux exportations et les revenus fiscaux provenant du secteur extractif. Les grands groupes installés dans le Lualaba et le Haut-Katanga profitent directement de cette amélioration des cours internationaux. Mais les effets réels pour les finances publiques dépendent aussi des volumes exportés, des coûts de production, des contrats commerciaux et des régimes fiscaux appliqués aux sociétés minières.

En 2025, la production congolaise de cuivre a atteint environ 3,5 millions de tonnes, consolidant la place du pays parmi les principaux fournisseurs mondiaux. Cette progression renforce le rôle de la RDC dans les chaînes d’approvisionnement mondiales liées aux batteries, aux infrastructures énergétiques et aux nouvelles technologies. Le cuivre congolais prend désormais une dimension géoéconomique, dans un contexte où les grandes puissances cherchent à sécuriser l’accès aux minerais critiques.

Le défi reste la transformation locale

Malgré cette position favorable, la RDC continue d’exporter une grande partie de son cuivre sous une forme peu transformée. Une partie importante de la valeur ajoutée est donc captée hors du pays, notamment dans les activités de raffinage et de transformation industrielle. Pour plusieurs économistes, la hausse actuelle des prix peut offrir une occasion d’accélérer le développement des capacités locales de transformation et de renforcer les infrastructures énergétiques et logistiques nécessaires à l’industrialisation.

Le corridor de Lobito, l’expansion du complexe minier Kamoa-Kakula et les projets liés aux minerais critiques montrent que la concurrence autour du cuivre africain devient plus intense. Dans ce contexte, la RDC dispose d’un avantage naturel important grâce à ses réserves et à son niveau de production. Mais cet avantage ne pourra produire des effets durables sur l’économie que si le pays améliore la captation des recettes minières, développe ses industries locales et investit davantage dans les infrastructures capables de soutenir une transformation plus avancée des minerais.

— Peter MOYI

Quitter la version mobile