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Cuivre : la production chilienne tombe à un plus bas de neuf ans, un signal fort pour le marché mondial

cuivre

Le Chili, premier producteur mondial de cuivre, enregistre une chute marquée de sa production. En février 2026, le pays a produit 378 554 tonnes, soit une baisse de 8,5 % sur un mois et de 4,8 % sur un an, selon les données officielles. Il s’agit du niveau mensuel le plus faible depuis mars 2017, une période marquée à l’époque par une grève à la mine d’Escondida.

Cette contre-performance ne s’explique pas par un incident isolé, mais par des facteurs structurels qui affectent durablement l’industrie minière chilienne. En premier lieu, la baisse progressive de la teneur en minerai oblige les opérateurs à traiter davantage de volume pour extraire la même quantité de métal, ce qui pèse sur la productivité et les coûts.

Une pression structurelle sur l’offre mondiale

Depuis sept mois, la production chilienne recule en rythme annuel glissant. Les difficultés rencontrées dans les projets visant à exploiter des gisements à plus haute teneur, combinées au vieillissement des infrastructures minières, limitent la capacité du pays à maintenir ses niveaux historiques de production.

Des facteurs conjoncturels viennent accentuer cette tendance. Les conditions climatiques dans le nord du pays, notamment les fortes pluies et les perturbations maritimes, compliquent régulièrement les opérations logistiques, affectant le transport et l’exportation du minerai.

Avec près de 25 % de l’offre mondiale de cuivre, le Chili reste un acteur central du marché. Toute contraction de sa production a des répercussions directes sur l’équilibre global entre l’offre et la demande. Cette situation contribue à maintenir une tension sur les prix, qui avaient atteint des niveaux élevés en début d’année avant de se stabiliser sous l’effet des incertitudes géopolitiques.

Au-delà du court terme, ces difficultés posent la question de la soutenabilité de l’offre mondiale. Le cuivre est au cœur des transitions énergétique et industrielle, notamment pour les réseaux électriques, les batteries et les infrastructures numériques. Une production contrainte dans un pays clé comme le Chili renforce les risques de déficit structurel.

Dans ce contexte, les investissements dans l’exploration, la modernisation des mines et l’amélioration des rendements apparaissent déterminants pour stabiliser l’offre. À défaut, les tensions actuelles pourraient s’inscrire dans la durée, avec des implications directes pour les économies dépendantes de ce métal stratégique, y compris la République démocratique du Congo.

— M. KOSI

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