Le cuivre a encore avancé ce matin et reste proche du record touché la veille, alors que le marché digère un signal rare sur les coûts de raffinage. À Londres, sur le London Metal Exchange (LME), le contrat à trois mois a pris 0,1 % pour atteindre 11 942,5 dollars la tonne.
Cette hausse s’appuie sur un élément technique qui dit beaucoup sur l’équilibre du secteur. Antofagasta, groupe minier chilien, et une fonderie chinoise se sont entendus pour appliquer en 2026 des frais de traitement nuls sur le concentré de cuivre. En temps normal, ces frais sont payés par les sociétés minières aux fonderies pour transformer le concentré en métal utilisable. Quand ils tombent à zéro, cela traduit souvent un rapport de force en train de bouger, avec une matière première plus difficile à sécuriser.
Pourquoi des frais de traitement à zéro pèsent sur toute la filière
Les frais de traitement, souvent appelés « frais de traitement et de raffinage », servent de thermomètre. Quand l’offre de concentré est abondante, les fonderies peuvent demander davantage. Quand l’offre se resserre, la concurrence entre fonderies s’intensifie et ces frais peuvent chuter.
Selon un analyste cité, les principales fonderies chinoises réduiraient leur production de plus de 10 % en 2026. La raison avancée est une surcapacité dans l’industrie, qui a accentué les déséquilibres autour de ces frais. Dit simplement, trop d’unités de transformation se retrouvent à se disputer une matière première qui ne suit pas au même rythme, ce qui met la pression sur les marges des fonderies.
Pour l’économie réelle, le cuivre reste un métal central, car il se retrouve dans les câbles électriques, les réseaux, la construction et de nombreux équipements. Quand son prix reste haut, le coût des projets et des produits qui en consomment peut être plus difficile à contenir, surtout si la tension sur l’approvisionnement se prolonge.
— M. KOSI
