En vingt ans, le secteur minier congolais capte 2 milliards USD par an et fait de la RDC le 2ᵉ producteur mondial de cuivre

Depuis vingt ans, la République démocratique du Congo attire en moyenne 2 milliards USD d’investissements directs étrangers par an dans son secteur minier, pour une production de cuivre qui dépasse désormais 3 millions de tonnes. À l’occasion de la visite de l’Émir du Qatar à Kinshasa, le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, présente la RDC comme un point d’ancrage pour des investissements régionaux à grande échelle.

Faire de la RDC le pivot d’un marché régional pour les capitaux qataris

Mercredi 19 novembre, devant des médias congolais et qatari, Daniel Mukoko Samba a rappelé que ces flux de capitaux sur deux décennies ont hissé la RDC au rang de deuxième producteur mondial de cuivre. Pour lui, ce bilan prouve que le pays n’est pas seulement doté de ressources, mais qu’il offre déjà un terrain concret aux investisseurs. Il résume ainsi le message adressé aux partenaires étrangers : « Ceci montre qu’un investisseur international peut venir en RDC, y monter ses activités et y réussir ».

Le ministre invite le Qatar à inscrire ses projets au-delà d’une approche strictement bilatérale. Il suggère des investissements pensés à l’échelle d’une région structurée autour du marché congolais, en expliquant que certains États voisins, plus petits et moins riches en ressources, offrent des rendements plus faibles si l’on reste sur une logique isolée. Selon lui, bâtir des projets à partir de la RDC, puis les déployer dans l’ensemble de la sous-région, permettrait de créer un espace économique plus vaste et mieux articulé.

Daniel Mukoko Samba insiste aussi sur la question des infrastructures. La RDC dispose d’un accès limité à l’océan Atlantique, mais elle est connectée à sept corridors de transport qui peuvent structurer un large marché au cœur de l’Afrique centrale. Pour transformer ces atouts en résultats concrets, il appelle à des investissements importants dans les routes, les voies ferrées, les plateformes logistiques et l’énergie, identifiés comme des priorités dans les échanges en cours avec le Qatar. L’amélioration de la connectivité interne et régionale est, selon lui, un passage obligé pour réduire les coûts de transport, sécuriser les approvisionnements et soutenir la production.

Cette séquence intervient après la signature, début septembre 2025, de lettres d’intention avec la société qatarie Al Mansour Holding, portant sur un portefeuille de projets évalué à 21 milliards USD. Le ministre de l’Économie estime que la présence de l’Émir à Kinshasa doit servir de catalyseur : « Nous pensons que la visite de l’Émir donnera l’impulsion nécessaire pour faire avancer ce programme dans les meilleurs délais », explique-t-il, en soulignant la volonté du gouvernement congolais de passer du stade des intentions à celui de la mise en œuvre.

— M. MASAMUNA

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