L’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE) a échangé, le 7 mai 2026 à Kinshasa, avec l’ambassadrice de la RDC aux États-Unis, Yvette Ngandu Kapinga, autour du partenariat énergétique entre Kinshasa et Washington. Les discussions ont porté sur les minerais critiques, les financements internationaux, le programme Mission 300 et le futur Road Show économique prévu à Houston.
À travers cette démarche, la RDC cherche à faire de l’énergie un élément central de son dialogue économique avec les États-Unis. Le sujet est stratégique pour le pays. Malgré ses importantes réserves de cuivre, de cobalt et de lithium, la RDC reste confrontée à un déficit énergétique qui limite le développement industriel et la transformation locale des minerais. Sans électricité stable, les projets miniers, les usines de transformation, les infrastructures numériques ou encore les zones industrielles peinent à se développer à grande échelle. Les autorités congolaises veulent donc convaincre les investisseurs étrangers que le secteur énergétique peut offrir des projets viables et capables de générer des revenus sur le long terme.
Les échanges entre l’ARE et l’ambassade congolaise ont notamment porté sur la préparation d’un portefeuille de projets dits « bancables ». Dans le secteur financier, ce terme désigne des projets suffisamment avancés sur les plans technique, juridique, environnemental et économique pour obtenir des financements auprès des banques et des investisseurs privés. Les bailleurs recherchent généralement des projets avec des études solides, des risques identifiés et un modèle économique clair capable de garantir le remboursement des capitaux engagés.
Mission 300 au cœur de la stratégie énergétique
La RDC compte aussi s’appuyer sur le programme Mission 300, porté par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Cette initiative vise à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité en Afrique d’ici 2030. La Banque mondiale prévoit de connecter 250 millions de personnes, tandis que la BAD doit couvrir 50 millions supplémentaires. Pour Kinshasa, ce programme peut faciliter l’accès à des financements destinés aux barrages, aux réseaux de transport d’électricité, aux mini-réseaux et aux solutions hors réseau dans les zones rurales.
La question de Houston a également occupé une place importante dans les discussions. La ville américaine est considérée comme l’un des principaux centres mondiaux de l’énergie et des infrastructures industrielles. L’ANAPI avait déjà indiqué travailler avec l’ambassade de la RDC aux États-Unis sur la création d’un « USA Investment Desk » et sur l’organisation d’un roadshow économique dans plusieurs villes américaines, dont Houston. L’objectif est de présenter les opportunités d’investissement disponibles en RDC dans les secteurs de l’énergie, des mines et des infrastructures.
À travers cette approche, l’ARE cherche à renforcer son image d’institution technique capable d’encadrer les investisseurs et de sécuriser le marché de l’électricité. Les autorités congolaises veulent aussi mieux relier les minerais critiques à une stratégie industrielle locale. Exporter les matières premières permet de générer des recettes, mais leur transformation sur place nécessite davantage d’électricité, des infrastructures adaptées et des financements importants. La capacité de la RDC à présenter des projets énergétiques crédibles pourrait donc devenir un élément déterminant dans le renforcement du partenariat économique entre Kinshasa et Washington.
— Peter MOYI
