La première émission d’eurobond de la République démocratique du Congo, estimée à 1,25 milliard USD, continue de faire réagir à l’Assemblée nationale. Pour le député Éric Tshikuma Mwimbayi, élu de la Funa, cette opération financière doit maintenant se traduire par des projets visibles dans les infrastructures, l’énergie et l’économie réelle.
L’entrée de la RDC sur le marché international des obligations publiques marque une étape importante pour les finances du pays. Lundi 27 avril, dans la foulée de l’interpellation portée par son collègue Guy Mafuta, le député Éric Tshikuma Mwimbayi a pris la parole pour donner sa lecture de cette opération. Guy Mafuta avait demandé que le ministre des Finances, Doudou Fwamba, vienne devant la représentation nationale afin d’expliquer les enjeux, les conditions et les objectifs de cet emprunt.
Un eurobond est une dette levée par un État auprès d’investisseurs sur les marchés internationaux. Concrètement, le pays emprunte de l’argent en devise, ici en dollars américains, puis s’engage à rembourser selon des conditions définies. Pour Éric Tshikuma, l’émission de 1,25 milliard USD ne doit donc pas être vue comme une simple opération technique. Elle traduit, selon lui, une forme de reconnaissance de la RDC par les investisseurs étrangers.
« L’eurobond de 1,25 milliard USD n’est pas qu’une opération technique : c’est un signal fort. La RDC n’est plus seulement un “risque” à gérer, elle devient un partenaire crédible sur les marchés internationaux », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale.
Un emprunt qui devra être suivi de près
Pour l’élu de la Funa, cette percée repose sur plusieurs éléments mis en avant par le gouvernement. Il cite l’amélioration des notations souveraines attribuées par les agences S&P et Moody’s, la gestion de la dette publique et la stabilisation du cadre macroéconomique. Ces facteurs auraient contribué à changer progressivement le regard des investisseurs sur la RDC.
Mais l’enjeu ne s’arrête pas à la mobilisation des fonds. Le plus important sera l’utilisation de cet argent. Éric Tshikuma estime que les ressources levées doivent servir à financer des projets structurants, notamment dans les infrastructures et l’énergie. Ces deux secteurs influencent directement la production, le transport, l’accès à l’électricité, l’emploi et le coût de la vie pour les ménages.
Le député appelle donc le gouvernement à poursuivre les réformes et à maintenir une gestion rigoureuse. « Il y a lieu de maintenir le cap et faire davantage », a-t-il insisté, en plaçant cette opération dans la continuité des actions menées sous le gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa.
À l’Assemblée nationale, la question du contrôle parlementaire occupe aussi une place centrale. Sous la conduite de son président Aimé Boji, la chambre basse entend suivre l’exécution des projets qui seront financés par cet emprunt obligataire. L’objectif affiché est d’assurer la transparence, la bonne gouvernance et une utilisation responsable des fonds mobilisés.
Pour la RDC, cette première émission d’eurobond ouvre une nouvelle porte de financement. Mais elle crée aussi une obligation de résultats. La confiance obtenue sur les marchés devra se mesurer à la qualité des projets réalisés et à leur impact dans la vie économique du pays.
— Peter MOYI
