À la 10ᵉ édition d’EXPO BETON à Kinshasa, Olivier Binyingo, président du conseil d’administration de Kamoa Copper, a fixé la ligne : près de 6 milliards USD d’investissements déjà engagés pour convertir la ressource minière en valeur domestique, avec un cap sur la montée en puissance des fournisseurs congolais.
La trajectoire Kamoa repose sur une découverte devenue site de classe mondiale. Derrière le récit, une mécanique économique précise : des CAPEX lourds qui se transforment en capacité de production, des OPEX orientés vers l’efficacité, une chaîne d’approvisionnement appelée à se professionnaliser. Chaque dollar investi pèse sur les coûts unitaires, sur la marge opérationnelle et, à terme, sur la compétitivité-prix des exportations. Plus la mine stabilise ses volumes et ses teneurs, plus l’effet se voit sur trois canaux macroéconomiques : recettes fiscales, emplois formels et apports en devises via les ventes de cuivre et dérivés.
Kamoa Copper met l’accent sur un objectif clair : dépasser la logique d’achats locaux périphériques pour favoriser l’émergence d’entreprises congolaises capables de répondre à des standards industriels. La valeur ajoutée se joue sur la qualité, la maîtrise des délais et la traçabilité. Des fournisseurs alignés sur ces exigences réduisent les temps d’arrêt, fluidifient la logistique, compressent le fonds de roulement et sécurisent la continuité opérationnelle. L’enjeu industriel est là : faire passer une part croissante de la dépense minière dans l’économie nationale sans dégrader la performance.
De l’investissement au flux de devises : où se crée la valeur ?
L’impact dépasse le périmètre du site. Des achats locaux plus techniques stimulent formation, maintenance avancée, ingénierie et petites séries de pièces critiques. À moyen terme, ce tissu d’entreprises améliore la balance commerciale par substitution d’importations et par de nouvelles capacités de services exportables dans la région. La stabilité des volumes exportés alimente l’offre de dollars sur le marché de change, soutient la liquidité et amortit les tensions sur le taux de change. Côté État, la prévisibilité des redevances et impôts facilite l’exécution budgétaire.
Le message délivré à EXPO BETON tient en quelques priorités : sécuriser l’investissement déjà consenti, pousser la productivité, structurer des filières nationales capables de tenir les spécifications industrielles et, par ricochet, renforcer la résilience de l’économie congolaise. Un partenariat de long terme où la mine devient levier de diversification, pas seulement moteur d’exportations.
— Peter MOYI
