Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, vient d’officialiser la création d’un Comité de pilotage pour la mise en œuvre du compte unique du Pouvoir central, un chantier qui marque une nouvelle étape dans la réforme de la gestion publique en RDC. Ce dispositif, salué par la Banque mondiale et le FMI, doit permettre à l’État de centraliser toutes ses ressources sur un compte unique logé à la Banque centrale du Congo (BCC), bouleversant des décennies de fragmentation budgétaire.
Cap sur l’efficacité et la transparence des finances publiques
La RDC ambitionne de renforcer la discipline dans la gestion de ses ressources publiques. Selon les estimations du ministère des Finances, plus de 1 100 milliards de francs congolais d’arriérés intérieurs pesaient sur la trésorerie de l’État à fin 2023. Jusqu’ici, la dispersion des comptes, parfois répartis entre plusieurs institutions et banques commerciales, rendait difficile le suivi des mouvements de fonds, exposant le système à des risques de déperdition et de double emploi. La centralisation à la BCC doit désormais permettre une vision en temps réel des soldes, un pilotage optimal de la trésorerie, ainsi qu’une réduction du coût de l’endettement, souvent aggravé par des découverts et des taux bancaires élevés.
Le Comité de pilotage, qui réunit la crème des experts du ministère des Finances, de la Banque centrale, de la DGTCP et du COREF, aura pour mission de coordonner la migration technique et d’assurer la fiabilité des flux d’information. Le modèle, déjà appliqué dans plusieurs économies africaines (Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire), a prouvé son efficacité : il a permis, selon la Banque mondiale, d’améliorer la traçabilité et de limiter la création de dettes parallèles.
En RDC, ce changement est attendu pour assainir la gestion des finances publiques et rassurer les bailleurs internationaux, alors que le pays cherche à mobiliser plus d’investissements. Les prochains mois seront décisifs : la réussite du compte unique dépendra de la capacité des administrations à s’adapter, à numériser les procédures et à garantir une transparence totale, sous le regard attentif des partenaires techniques et financiers.
— Peter MOYI
