Site icon LePoint.cd

Finances publiques : les dépenses de l’État dépassent les prévisions de 43 % en mars 2026

banque central du congo

En mars 2026, l’État congolais a engagé 3 125,5 milliards de CDF, soit plus de 1,27 milliard USD, contre une prévision de 2 183,2 milliards. L’écart atteint 43 %, selon la Banque Centrale du Congo. Ce niveau de dépenses traduit une pression nette sur les finances publiques, alors que les recettes, même en hausse, ne couvrent pas entièrement les charges.

Des recettes en hausse, mais un déficit qui persiste

Les régies financières ont mobilisé 2 119,4 milliards de CDF, soit environ 862,9 millions USD, un niveau supérieur aux prévisions fixées à 1 881,2 milliards. Dans le détail, la Direction Générale des Impôts a collecté 927,8 milliards de CDF, la Direction Générale des Douanes et Accises 676,1 milliards, et la Direction Générale des Recettes Administratives et Domaniales 515,5 milliards. Ces résultats montrent une progression de la mobilisation fiscale. Mais ils restent insuffisants face au rythme des dépenses. L’État se retrouve ainsi en déficit, c’est-à-dire avec un manque de ressources pour couvrir ses engagements du mois.

Une grande partie des dépenses reste concentrée sur les charges courantes. Les rémunérations des agents publics représentent 1 275,1 milliards de CDF, tandis que les frais financiers atteignent 38,1 milliards. Ces dépenses sont difficiles à ajuster rapidement car elles correspondent au fonctionnement de l’État et au service de la dette. Cette structure limite les marges pour financer les investissements, notamment dans les infrastructures ou les services publics.

Pour combler l’écart, les autorités combinent mobilisation accrue des recettes et recours au financement intérieur. Concrètement, l’État emprunte sur le marché domestique, souvent auprès des banques, pour couvrir ses besoins de trésorerie. Cette solution permet de répondre à court terme, mais elle augmente la dépendance à la dette intérieure et peut réduire les capacités de financement de l’économie.

Les données du premier trimestre 2026 confirment une tendance : les dépenses augmentent plus vite que les recettes. Dans ce contexte, la maîtrise du budget devient centrale. L’élargissement de l’assiette fiscale et un meilleur contrôle des engagements publics apparaissent comme des leviers pour réduire les déséquilibres. À moyen terme, la capacité de l’État à aligner ses dépenses sur ses ressources reste un facteur clé pour préserver la stabilité économique.

— M. KOSI

Quitter la version mobile