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FirstBank DRC termine 2025 avec 23,46 milliards CDF de bénéfice, contre 75,85 milliards un an plus tôt

FirstBank DRC

FirstBank DRC a clôturé l’exercice 2025 avec un bénéfice net de 23,46 milliards CDF, contre 75,85 milliards CDF en 2024. Le recul atteint près de 69 %, dans un contexte marqué par la hausse des charges d’exploitation, l’augmentation des provisions et la contraction des dépôts de la clientèle. Malgré cette baisse de rentabilité, la banque conserve des niveaux de solvabilité et de liquidité largement supérieurs aux normes imposées par la Banque Centrale du Congo.

Le Rapport Pilier III 2025 publié par la banque montre d’abord une réduction de la taille du bilan. Le total des actifs ressort à 4 114,8 milliards CDF au 31 décembre 2025, contre 4 475,6 milliards CDF un an plus tôt, soit une baisse de 8,1 %. Cette évolution provient surtout du recul des disponibilités et des opérations interbancaires, qui passent de 2 851,9 milliards CDF à 2 496,1 milliards CDF. Dans le même temps, la banque a renforcé ses placements, notamment en bons du Trésor. Le portefeuille de placement progresse ainsi de 604,3 milliards CDF en 2024 à 1 164,4 milliards CDF en 2025.

Les crédits accordés à la clientèle restent relativement stables. Les créances nettes sur les clients s’établissent à 1 277,2 milliards CDF, contre 1 317 milliards CDF l’année précédente, soit une baisse limitée à environ 3 %. En brut, le portefeuille de crédits atteint 1 306,6 milliards CDF avant déduction de 29,36 milliards CDF de provisions pour créances douteuses. Cette évolution montre que la banque a maintenu une approche prudente sur le crédit dans un environnement où la qualité des actifs reste surveillée de près par les établissements financiers.

Le rapport met aussi en évidence une contraction de la base des dépôts. Les opérations avec la clientèle reculent de 3 316,9 milliards CDF à 2 884,1 milliards CDF. Les dépôts ordinaires passent de 2 150,2 milliards CDF à 1 863,3 milliards CDF, tandis que les dépôts à terme diminuent de 1 166,7 milliards CDF à 1 020,8 milliards CDF. Pour une banque, les dépôts représentent la principale source de financement des crédits et des opérations courantes. Leur recul peut donc réduire les capacités de financement ou pousser l’institution à gérer plus prudemment sa trésorerie et ses engagements.

Une hausse des revenus insuffisante face à l’explosion des charges

Malgré la baisse du bénéfice net, certains revenus bancaires progressent. Les produits sur opérations avec la clientèle augmentent de 155,6 milliards CDF à 178,4 milliards CDF. Les autres produits bancaires passent aussi de 102,8 milliards CDF à 121,2 milliards CDF. Les données détaillées du compte de résultat permettent ainsi d’estimer un Produit Net Bancaire proche de 348,6 milliards CDF en 2025, contre environ 331,3 milliards CDF en 2024, soit une progression modérée autour de 5 %.

Cette hausse des revenus n’a toutefois pas compensé l’augmentation rapide des dépenses. Les charges générales d’exploitation bondissent de 100,5 milliards CDF à 160,8 milliards CDF, soit une hausse d’environ 60 %. Les charges du personnel progressent également de 104,7 milliards CDF à 127,2 milliards CDF. Les provisions constituées pour couvrir les créances à risque augmentent aussi fortement, passant de 15,26 milliards CDF à 21,23 milliards CDF. Les provisions correspondent aux montants que la banque met de côté pour absorber d’éventuelles pertes sur les crédits non remboursés.

Cette combinaison entre hausse des coûts opérationnels, progression des charges salariales et augmentation du coût du risque explique la forte baisse du résultat avant impôt, qui chute de 97,16 milliards CDF à 28,29 milliards CDF. L’impôt sur le bénéfice diminue logiquement, passant de 21,31 milliards CDF à 4,83 milliards CDF, mais cette baisse fiscale reste insuffisante pour compenser le recul de la performance opérationnelle.

Les indicateurs de rentabilité reflètent cette dégradation. Le ROA, qui mesure la capacité de la banque à générer des bénéfices à partir de ses actifs, recule à 1 %, contre 2 % en 2024. Le ROE, qui mesure le rendement des fonds propres, tombe à 8 %, contre 25 % l’année précédente.

Malgré cette baisse de rentabilité, la qualité du portefeuille reste maîtrisée. Les créances en souffrance représentent 29,55 milliards CDF pour un portefeuille brut de 1 306,64 milliards CDF, soit un taux de créances douteuses de 2,26 %. Ce niveau reste inférieur à celui observé au trimestre précédent. Le taux de provisionnement atteint 99 %, ce qui signifie que presque toutes les créances à risque sont couvertes par des provisions.

Les indicateurs prudentiels demeurent également solides. Les fonds propres réglementaires atteignent 356,84 milliards CDF, dont 312,78 milliards CDF de fonds propres de base Tier 1. Le ratio de solvabilité global ressort à 20,25 %, contre une exigence réglementaire minimale de 10 %. Le ratio Tier 1 atteint 17,75 %, largement au-dessus des seuils imposés par la réglementation bancaire congolaise.

La situation de liquidité reste aussi confortable. Le ratio de liquidité globale atteint 161 %, tandis que les ratios en monnaie nationale et en devises étrangères dépassent également les exigences réglementaires. Le rapport précise enfin que FirstBank DRC n’a pas eu recours au refinancement de la Banque Centrale du Congo pendant l’exercice et que sa position de change globale reste limitée à 2 %, bien en dessous du plafond réglementaire de 15 %.

L’exercice 2025 montre donc une banque qui conserve une structure financière solide et des ratios prudentiels confortables, mais qui fait face à une pression croissante sur sa rentabilité. La maîtrise des charges, la relance de la collecte des dépôts et l’amélioration de la performance opérationnelle devraient désormais constituer les principaux enjeux pour les prochains exercices.

— M. MASAMUNA

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