FOGEC, 3 millions USD de crédits pour près de 300 entrepreneurs et 1 400 emplois créés en cinq ans

En cinq ans d’existence, le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo a permis à près de 300 entrepreneurs d’obtenir plus de 3 millions USD de crédits bancaires. Selon son Directeur général, Laurent Munzemba, ces financements ont contribué à créer plus de 1 400 emplois, un signal important sur la capacité de l’État à utiliser l’outil de la garantie publique pour fluidifier le crédit aux très petites et moyennes entreprises.

Ce que disent vraiment les chiffres du FOGEC sur le financement des TPME

Le bilan présenté à Kinshasa, lors de la rencontre « Face à la Presse » du 17 décembre 2025, permet de mieux lire le rôle du FOGEC dans le système financier congolais. Près de 300 entrepreneurs accompagnés, dont 35,05 % de femmes et 64,95 % d’hommes, pour un volume global de crédits dépassant 3 millions USD. Cela revient, en moyenne, à un ticket d’environ 10 000 USD par projet, un niveau qui correspond davantage à la petite entreprise qu’à la PME installée.

Les 1 400 emplois créés, dont 800 emplois directs et 600 emplois indirects, donnent un autre indicateur. Chaque projet soutenu génère en moyenne entre quatre et cinq postes. On voit apparaître le FOGEC comme un instrument de politique publique ciblé sur l’emploi urbain et semi-urbain, là où les structures classiques de financement restent frileuses.

Le Directeur général a détaillé plusieurs éléments techniques du dispositif. Il a rappelé l’existence de garanties individuelles, qui couvrent des dossiers entrepreneur par entrepreneur, et de garanties de portefeuille, qui permettent aux banques de financer des volumes plus importants tout en partageant le risque avec le fonds. À ce titre, il a évoqué plus de 32 000 USD de financements bancaires mobilisés via ces mécanismes pour 125 entrepreneurs accompagnés sur cette seule composante, ce qui montre que l’effet de levier de la garantie reste encore en phase de montée en régime.

Derrière ces montants, la logique est celle d’un partage du risque. L’entrepreneur reste responsable de son crédit, mais la banque sait qu’une partie de la perte éventuelle sera couverte par le FOGEC. Ce schéma réduit le coût perçu du risque pour l’établissement financier et améliore les chances d’acceptation d’un dossier qui, sans garantie publique, aurait souvent été rejeté faute de sûretés classiques.

Laurent Munzemba a insisté sur un autre volet, moins visible mais central dans la mécanique du fonds, la formation et l’éducation financière des bénéficiaires. Dans un environnement où beaucoup de porteurs de projets ne maîtrisent ni la lecture d’un plan de trésorerie ni la discipline du remboursement, le risque de défaut reste élevé. Investir dans la pédagogie financière n’est pas un supplément de confort, c’est une condition de survie du dispositif de garantie.

Sur le plan opérationnel, l’année 2025 marque un changement d’organisation. Depuis mars, le FOGEC fonctionne par cohortes. Concrètement, les dossiers sont traités par groupes, avec un parcours structuré qui va de la préparation du business plan jusqu’à la présentation aux banques. Ce mode de travail permet de traiter davantage de demandes en parallèle, de lisser les délais d’instruction et d’étendre progressivement l’action du fonds au-delà de la capitale vers d’autres zones du pays.

Cette approche par vagues a un autre avantage, elle crée des effets d’apprentissage collectif. Les entrepreneurs partagent leurs contraintes, leurs erreurs, leurs solutions. Pour un fonds public, cela réduit les asymétries d’information entre le financeur, les banques et les bénéficiaires, un problème classique dans les économies où la majorité du tissu productif reste informel ou semi-formel.

Si l’on replace ces chiffres dans le contexte congolais, le volume de plus de 3 millions USD reste modeste face aux besoins des TPME. Mais il constitue un test grandeur nature de la capacité de l’État à installer un outil de garantie fonctionnel, avec des procédures, des critères d’éligibilité et des engagements financiers clairement assumés. Chaque projet financé et remboursé renforce la crédibilité du mécanisme, améliore l’appétit au risque des banques partenaires et construit, pas à pas, une culture du crédit productif.

Le FOGEC affiche désormais une ambition de changement d’échelle. À moyen terme, l’institution veut s’appuyer sur des partenariats renforcés avec les banques commerciales, d’autres institutions publiques et, potentiellement, des bailleurs intéressés par le financement des TPME. L’objectif est de passer d’une logique de dispositifs ponctuels à un écosystème cohérent, où un porteur de projet peut évoluer vers une entreprise pérenne, avec accès récurrent au crédit bancaire.

Le rappel de la mission officielle reste central. Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo est une institution publique chargée de faciliter l’accès au financement des très petites, petites et moyennes entreprises à travers des mécanismes de garantie et un accompagnement rapproché. Dans une économie où le crédit reste l’un des principaux freins à la croissance du secteur privé, le suivi des prochains chiffres du FOGEC dira dans quelle mesure cet instrument parvient à changer la réalité quotidienne des entrepreneurs congolais.

M. KOSI

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