La République démocratique du Congo compte désormais 2,501 millions d’agents publics actifs relevant du pouvoir central en 2025, selon les chiffres présentés par le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau. Parmi ces effectifs, environ 1,867 million d’agents sont effectivement rémunérés, soit près de 75 % du personnel recensé. Plus de 634 000 agents restent encore sans prise en charge salariale, ce qui continue de peser sur les finances publiques dans un contexte où l’État doit aussi financer les infrastructures, la sécurité, la santé et l’éducation.
Le rapport sur l’économie de la fonction publique montre également que 185 200 nouvelles unités ont été intégrées dans l’administration publique. Cette évolution reflète la poursuite des recrutements et des régularisations administratives engagées dans plusieurs secteurs publics au cours des dernières années. Les autorités reconnaissent toutefois que cette croissance rapide des effectifs a créé une forte pression sur la masse salariale de l’État, c’est-à-dire l’ensemble des dépenses consacrées au paiement des agents publics.
Une administration publique sous pression budgétaire
La progression des effectifs s’est surtout accélérée entre 2018 et 2020. En seulement trois ans, près de 1,29 million d’agents supplémentaires ont rejoint l’administration publique congolaise. Les effectifs sont ainsi passés de 1,486 million d’agents en 2017 à 2,719 millions en 2020. Cette hausse est liée notamment aux vagues d’intégration observées dans plusieurs administrations et secteurs sociaux. Depuis 2021, le Gouvernement affirme avoir engagé des opérations d’assainissement pour mieux contrôler les fichiers administratifs, réduire les effectifs non rémunérés et renforcer les mécanismes de paie grâce au contrôle biométrique et à la mécanisation progressive des salaires.
Selon les données officielles, le nombre d’agents non payés a commencé à diminuer après avoir dépassé 800 000 personnes au plus fort des recrutements massifs. En 2025, ces effectifs seraient estimés à environ 547 780 agents contre plus de 728 000 en 2020. Dans le régime général de la fonction publique, les agents non rémunérés recensés et certifiés atteignent environ 449 780 personnes. Les autorités attribuent cette évolution aux départs à la retraite, au nettoyage des fichiers administratifs et au contrôle des critères d’éligibilité.
Malgré cette amélioration, plusieurs analystes estiment que le défi ne porte plus uniquement sur le nombre d’agents publics. La question concerne aussi la qualité des services rendus, la productivité de l’administration et la capacité de l’État à soutenir durablement cette masse salariale. Dans un pays où les besoins sociaux restent élevés et où les marges budgétaires demeurent limitées, la réforme de la fonction publique devra aussi passer par la digitalisation des fichiers, une meilleure planification des recrutements et un contrôle plus strict des dépenses publiques liées au personnel.
— Joldie KAKESA
