Kinshasa, 23 septembre 2025 — Sous la présidence de Judith Suminwa Tuluka, le Comité de Conjoncture Économique fixe la priorité : tenir le change, protéger l’épargne et contenir la masse salariale. L’inflation est projetée à 7,8 % en 2025, son plus bas niveau en quatre ans.
La stratégie repose sur un mix coordonné entre la Banque centrale du Congo (BCC) et le Gouvernement. Côté banques, l’ajustement des réserves obligatoires retire du volume de liquidité et atténue la demande de devises, ce qui limite les pressions sur le taux de change. Côté finances publiques, la discipline de caisse réduit les décaissements non prioritaires, évite d’alimenter la création monétaire et laisse de la place pour les investissements structurants. L’objectif est clair : ancrer les anticipations et ramener la trajectoire des prix vers la cible annoncée.
Sur le risque de confiance, l’exécutif prépare des mesures pour sécuriser les dépôts bancaires. Le signal attendu vise à rassurer ménages et entreprises, prévenir les retraits par précaution et préserver la fluidité du crédit. Un système financier stable amortit les chocs de trésorerie et soutient la reprise, notamment pour les PME et les filières exportatrices.
Taux, liquidité, dépenses : le mécanisme d’impact
La maîtrise de la masse salariale reste un pilier du cadrage budgétaire. Une progression contenue des rémunérations publiques allège la pression sur le Trésor, améliore la qualité de la dépense et protège les crédits destinés aux infrastructures et aux services essentiels. Le suivi des effectifs et l’ordonnancement plus strict des paiements limitent les tensions de fin de mois qui se répercutent souvent sur le marché des changes.
Avec une inflation attendue à 7,8 %, l’exécutif vise un environnement plus lisible pour la fixation des prix, la négociation salariale et l’investissement. Un franc congolais stabilisé réduit le coût des intrants importés, capte mieux les recettes fiscales en valeur réelle et apporte de la visibilité aux opérateurs, y compris dans les chaînes minières où les coûts logistiques et énergétiques pèsent sur les marges. Le cap annoncé par l’équipe Suminwa se résume en trois promesses : stabilité des prix, pouvoir d’achat préservé, conditions plus claires pour investir et exporter.
— Peter MOYI

