Franc congolais : stabilité apparente et resserrement monétaire

Au 30 octobre 2025, le dollar s’échange autour de 2 239,08 CDF pour 1 USD, quasi inchangé sur deux jours (+0,01 %). La monnaie garde le cap après plusieurs semaines d’appréciation, tandis que le marché absorbe un léger rebond du billet vert observé le 28 octobre.

Le taux de change se fige, l’inflation recule nettement et la Banque centrale maintient une politique de taux élevés. Le pouvoir d’achat respire, mais l’activité pourrait ralentir si la demande faiblit durablement.

Inflation en repli, taux élevés : le signal envoyé au marché

Les dernières données de la BCC au 25 octobre montrent une baisse hebdomadaire des prix de 1,373 %, un cumul hebdo de −4,440 %, un cumul annuel de 1,327 % et un glissement annuel de 2,524 %. Le taux d’inflation annualisé s’établit à 1,607 %. Le mouvement traduit une désinflation rapide, avec des épisodes de déflation sur la semaine. Gain immédiat pour les ménages, mais risque d’un repli de la demande intérieure si les anticipations restent orientées à la baisse.

Côté taux, la BCC conserve son taux directeur à 25 % depuis le 7 octobre 2025. Les adjudications sur Bons BCC confirment un coût de l’argent élevé : 7 jours autour d’une TMP de 14,11 % (taux moyen proche de 16,00 %), 28 jours près de 16,44 % (17,50 % en moyenne), 84 jours à 17,50 %. L’objectif reste clair : stériliser la liquidité, contenir la dollarisation et ancrer le franc.

Sur le marché des changes, la trajectoire récente illustre une volatilité contenue : 24 octobre : 2 233,27 CDF, 28 octobre : 2 226,88 CDF, 30 octobre : 2 239,08 CDF. Le mouvement suggère une résistance à la baisse du taux USD/CDF, en lien avec les ajustements techniques et les signaux venus des segments parallèles.

La Banque centrale a rappelé aux cambistes manuels l’exigence de respecter les règles d’affichage et d’éviter les cotations spéculatives en voie publique, sources d’incertitude pour les agents économiques. L’alignement sur les indicateurs officiels reste un levier de crédibilité pour la stabilisation du change.

Au total, le pays présente des fondamentaux plus lisibles : inflation basse, taux de change stable, politique monétaire rigoureuse. L’équilibre demeure fragile : la pression des segments non officiels n’a pas complètement disparu ; une demande trop faible freinerait la croissance ; un coût du crédit élevé pèse sur l’investissement productif à moyen terme. La suite dépendra de la capacité à maintenir la désinflation sans étouffer l’activité, et à coordonner instruments monétaires et mesures de confiance sur le marché.

— M. MASAMUNA

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