FRICO annonce FRICO AGRI pour stabiliser l’approvisionnement en pommes de terre en RDC, avec un ancrage initial au Kongo Central. Feuille de route annoncée : un pilote de 10 hectares en 2026 pour livrer 250 tonnes, puis une extension à 100 hectares afin d’alimenter une ligne ciblant 1 000 kg de frites par heure d’ici 2030. L’entreprise, déjà active en transformation semi-industrielle, affiche une capacité de 20,8 tonnes par mois et cherche à sécuriser l’amont pour réduire les aléas de volume et de qualité.
Le marché local manque de tubercules calibrés et d’infrastructures de stockage adaptées. Les pertes post-récolte pèsent sur la marge des producteurs, le déficit d’offre renchérit le coût pour les ménages et la restauration, et la facture d’importation s’alourdit. En remontant la chaîne, FRICO veut lisser ses flux d’entrée, améliorer la régularité des livraisons et limiter les à-coups de prix. Le pilote vise un rendement agrégé de 250 tonnes sur 10 hectares, soit 25 t/ha, un niveau cohérent avec des pratiques culturales encadrées et un accès à des intrants certifiés. La montée à 100 hectares s’appuiera sur un réseau de producteurs organisés, avec traçabilité et calendrier cultural harmonisé pour optimiser les cycles d’approvisionnement de l’usine.
« FRICO AGRI est la réponse locale à un problème global : transformer notre potentiel agricole en opportunité économique durable », déclare Jean Johnson Bapanga, fondateur et directeur général de FRICO.
Rendement visé, contrats aval et calendrier industriel
Un déplacement d’échanges en juillet 2025 aux Pays-Bas, dans le cadre d’Orange Corners RDC avec l’appui technique de la RVO, a permis d’ouvrir des canaux avec semenciers, transformateurs, centres de recherche et fournisseurs d’équipements. L’objectif est d’ancrer des partenariats techniques et commerciaux pour la sélection variétale, la mécanisation adaptée et la maintenance. Côté aval, FRICO prévoit de sécuriser les volumes avec la chaîne Waz Burger, afin de donner de la visibilité sur les commandes et d’améliorer le taux d’utilisation de la future ligne.
La cible industrielle — 1 000 kg/h d’ici 2030 — suppose une logistique amont plus fiable : planification des récoltes par vagues, capacité de pré-refroidissement et stockage tampon pour lisser la saisonnalité, standardisation des calibres pour réduire la variabilité en atelier. En parallèle, l’intégration de bonnes pratiques agronomiques et de contrats de culture doit soutenir le revenu des agriculteurs, limiter le recours aux importations et stabiliser les prix pour la consommation hors-foyer. FRICO appelle les institutions publiques, investisseurs et partenaires techniques à rejoindre le projet pour accélérer l’équipement, la formation et l’adoption d’intrants performants.
— M. KOSI

