Le Dr Guy Kioni prendra la parole à Giga Africa du 22 au 24 septembre 2025 au Four Seasons de Marrakech. Son panel — « Copper & Cobalt in the DRC: Moving up the battery supply chain and beyond » — cible la transformation du cuivre et du cobalt congolais vers des segments à plus forte valeur : raffinage, précurseurs et matériaux actifs. L’approche escomptée est industrielle et mesurable : alignement des spécifications qualité, fiabilité des teneurs, réduction de l’empreinte carbone, conformité ESG et traçabilité intégrale des flux, conditions nécessaires pour des off-take bancables avec les fabricants de cellules.
RDC : passer des tonnes exportées aux volumes certifiables
Dirigeant de Missang et Critical Minerals Initiative Fellow au Cambridge MENAF, membre du conseil consultatif de Buenassa, Guy Kioni intervient à la jonction minéraux critiques – politiques publiques – technologies. L’enjeu n’est pas d’augmenter des exportations brutes, mais de bâtir des capacités midstream sur sol africain, capables de livrer des volumes spécifiés et auditables. Traduction opérationnelle : usines calibrées sur les cahiers des charges des gigafactories, contrôle statistique des procédés (SPC), systèmes de management de l’énergie et tableaux de bord carbone intégrés.
La traçabilité devient un actif. Avec l’IA, la blockchain et des référentiels PMI/ESG, chaque lot doit embarquer un dossier numérique : origine du minerai, teneur, bilan matières, intensité carbone par étape, preuves de conformité sociale et environnementale. Cette banque de données conditionne l’accès aux marchés américain, européen et asiatique, mais aussi le coût du capital. Un flux certifié se finance mieux, réduit les décotes, sécurise des contrats long terme et améliore les marges.
Le rendez-vous de Marrakech réunit gouvernements, industriels et finance autour de mécanismes de dérisquage : zones industrielles connectées, garanties partielles, contrats d’achats adossés à des standards, mutualisation logistique et énergétique. Pour la RDC, la feuille de route est claire : finaliser les normes produit, contractualiser l’écosystème de mesure (laboratoires, métrologie, vérificateurs), verrouiller l’énergie et le transport, puis empiler des capex sur des briques qui relient mines, chimie et clients d’aval. La présence de Kioni, à la croisée des réseaux Royaume-Uni ↔ Afrique, vise précisément à accélérer ces chaînages industriels et à convertir la réserve géologique en capacité industrielle compétitive.
— M. KOSI
