Les prix sur le marché congolais ralentissent leur progression. Entre le 18 et le 25 juillet 2025, l’inflation hebdomadaire s’est repliée à 0,11 %, après avoir affiché 0,13 % puis 0,14 % les semaines précédentes. Ce repli s’inscrit dans une séquence observée depuis le début du mois, laissant entrevoir une forme de stabilisation des prix à la consommation. Selon la note de conjoncture publiée par la Banque centrale du Congo, ce mouvement confirme le retour progressif d’un certain équilibre, même si la prudence reste de mise.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la hausse cumulative des prix atteint désormais 4,76 %. À la même période l’an dernier, le compteur affichait déjà 8,4 %. Ce contraste illustre un net ralentissement, même si la comparaison doit être nuancée par la persistance de nombreux risques extérieurs. En glissement annuel, la courbe de l’inflation s’est également tassée : 7,88 % en juillet 2025, contre 15,24 % douze mois plus tôt. Ces chiffres sont venus confirmer le diagnostic du Fonds monétaire international, qui misait début juin sur un reflux progressif de l’inflation dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
L’analyse détaillée de la Banque centrale met en évidence le rôle prépondérant de l’alimentation et des boissons non alcoolisées, responsables à elles seules de plus de 72 % de la poussée sur les prix cette semaine-là. Le logement, l’énergie et les transports complètent le trio, avec des contributions respectives de 13 % et 12 %. L’arrivée des vacances scolaires, synonyme de déplacements accrus, explique la montée de la demande sur le secteur du transport, accentuant la pression sur certains postes du panier de la ménagère. Les autres catégories, telles que les loisirs ou la culture, n’ont eu qu’une incidence marginale (1,84 %), tandis que la majorité des autres postes de dépenses sont restés quasi stables.
Derrière ces évolutions locales se cachent des facteurs internationaux toujours aussi pesants. La Banque centrale du Congo rappelle que l’économie mondiale demeure sous la menace d’incertitudes majeures : escalade des tensions géopolitiques au Proche et Moyen-Orient, guerre en Ukraine, multiplication des barrières commerciales et ajustements imprévisibles des politiques économiques. Ce contexte, déjà tendu, se traduit par des perturbations régulières sur les chaînes d’approvisionnement et continue de nourrir les pressions sur les prix, même pour les économies qui parviennent à contenir leur propre inflation.
En filigrane, une réalité s’impose : le pouvoir d’achat reste sous surveillance, chaque hausse, même contenue, impactant directement le quotidien. L’inflation, rappelons-le, correspond à cette perte progressive de valeur de la monnaie qui ronge silencieusement le budget des ménages, surtout dans les économies où la part des dépenses contraintes reste élevée.
Difficile de dire si cette tendance au ralentissement va s’ancrer durablement ou si de nouveaux chocs extérieurs viendront perturber le fragile équilibre retrouvé. Ce qui est certain, c’est que la Banque centrale, comme la plupart de ses homologues, surveille l’évolution des chiffres semaine après semaine, prête à ajuster sa politique si nécessaire. En attendant, ménages et entreprises poursuivent leur navigation dans un environnement où chaque point de pourcentage compte.
— M. KOSI
