Le marché mondial de l’aluminium pourrait manquer de 1,9 million de tonnes en 2026, selon JPMorgan. La banque estime que les tensions sur l’offre, en lien avec la guerre au Moyen-Orient, pourraient pousser les prix vers 3 800 dollars la tonne au deuxième trimestre et jusqu’à 4 000 dollars dans le scénario le plus tendu.
Pour JPMorgan, le risque vient d’abord de la production. La banque évalue à 2,4 millions de tonnes la perte potentielle d’aluminium liée au conflit au Moyen-Orient. Si ce scénario se confirme, le marché entrerait dans sa phase la plus tendue depuis près de 25 ans. En clair, l’offre disponible ne suffirait plus à répondre à la demande mondiale.
Cette tension se reflète déjà dans les prévisions de prix. JPMorgan table sur une moyenne de 3 800 dollars la tonne au deuxième trimestre 2026, puis 3 500 dollars au second semestre. La banque n’écarte pas une hausse au-delà de 4 000 dollars la tonne si les perturbations sur l’offre s’aggravent. Cela signifie que les industriels qui utilisent ce métal pourraient payer plus cher leur approvisionnement dans les prochains mois.
L’aluminium reste un métal très utilisé dans la construction, l’automobile et les équipements liés à la transition énergétique. Son marché réagit vite aux arrêts de production et à la hausse des coûts de l’énergie, car la fabrication de l’aluminium consomme beaucoup d’électricité. Quand l’offre baisse, les tensions sur les prix apparaissent rapidement.
Pour les économies qui importent ce métal, un tel mouvement peut alourdir les coûts de production et peser sur certaines chaînes d’approvisionnement. À l’inverse, les pays producteurs peuvent profiter de prix plus élevés. Le marché de l’aluminium montre ainsi à quel point les crises géopolitiques peuvent désormais peser directement sur les matières premières industrielles.
— Peter MOYI
