À Kikwit, dans la province du Kwilu, des travaux de réhabilitation sont en cours sur l’avenue Mutangu afin de contenir la progression des érosions et sécuriser un axe urbain stratégique. Selon les données techniques communiquées sur le terrain, près de 492 mètres de chaussée sont concernés, auxquels s’ajoutent 292 mètres d’érosion sur l’avenue Sankuru ainsi que le ravin de Wazabanga, récemment aggravé, dans une ville où la pression géomorphologique fragilise durablement les infrastructures.
Un chantier structurant face à un risque urbain croissant
Les travaux, confiés à l’entreprise Safrimex, portent sur la mise en place d’une chaussée rigide de 7 mètres de largeur, accompagnée de caniveaux de part et d’autre et d’accotements d’environ 1 mètre de chaque côté. Le décaissement est déjà réalisé et les opérations de préparation de la structure routière sont en cours, avec une attention particulière portée au drainage, élément clé dans la lutte contre les érosions urbaines.
D’une durée estimée à 18 mois, ce chantier est financé par le Fonds national d’entretien routier (FONER) et placé sous la supervision de l’Office des voiries et drainage, avec l’appui du Bureau technique de contrôle. Il s’inscrit dans une réponse technique à un problème récurrent dans plusieurs villes congolaises construites sur des zones sensibles, où les fortes pluies accélèrent la dégradation des sols et des infrastructures.
Au-delà de l’aménagement routier, l’enjeu est économique et sécuritaire. Les coupures de routes dues aux érosions perturbent les circuits d’approvisionnement, augmentent les coûts de transport et isolent certains quartiers, avec des impacts directs sur les activités locales. À Kikwit, cette vulnérabilité est accentuée par la configuration géographique de la ville, installée sur un plateau particulièrement exposé.
La mobilisation d’équipes spécialisées en génie civil vise ainsi à stabiliser durablement ces zones critiques. Mais la réussite de ces interventions dépendra de la capacité à inscrire ces travaux dans une approche plus large de gestion urbaine, intégrant drainage, planification et entretien régulier, afin d’éviter la récurrence de ces phénomènes.
— M. KOSI
