Kinshasa : 400 mètres de béton posés sur l’avenue Luambo Makiadi, priorité à la résistance routière

La modernisation de l’avenue Luambo Makiadi, au centre de Kinshasa, progresse concrètement. Sur les 3 664 mètres à traiter, 400 mètres de chaussée viennent d’être bétonnés selon les données recueillies sur le chantier. Ce tronçon stratégique, reliant les avenues Kabambare et Kabinda, bénéficie d’un revêtement en béton armé, une solution choisie pour sa durabilité et sa résistance au trafic croissant de la capitale.

Honoré Mupoyi, superviseur chez Safrimex Sarl, précise que l’opération se concentre actuellement sur la bande gauche, proche de son achèvement, avant de passer à la bande droite. La réhabilitation intègre la reconstruction complète des zones instables où le sol ne tenait plus face aux charges. Ce choix technique, privilégiant une structure rigide en béton armé, vise à mettre un terme à la fragilité récurrente des routes urbaines de Kinshasa, soumises à un trafic quotidien estimé à plus de 50 000 véhicules sur certains axes.

Le projet, financé intégralement par le Trésor public, inclut l’élargissement des caniveaux pour améliorer la gestion des eaux pluviales. L’enjeu est concret : selon la Banque africaine de développement, Kinshasa perd près de 20 % de son réseau routier chaque saison des pluies, les systèmes d’évacuation insuffisants contribuant à la dégradation rapide des chaussées. Dans le cadre de ce chantier, la capacité des ouvrages d’assainissement est doublée sur certains segments, particulièrement entre Kabinda et Dima, pour éviter les inondations chroniques.

Safrimex intervient également entre Kabambare et l’avenue du Commerce, avec des réparations ponctuelles et un renforcement ciblé des sections déjà bétonnées. Cette approche, qui combine reconstruction complète et réhabilitation partielle selon l’état du sol, permet de maîtriser les coûts tout en améliorant la qualité à long terme. L’Office des voiries et drainage (OVD) supervise le projet et la société 2x Engering assure le contrôle technique, une organisation classique sur les grands chantiers financés par l’État congolais.

Ce type d’investissement répond à une nécessité : le retard d’infrastructures routières urbaines pèse directement sur le développement économique et la circulation monétaire à Kinshasa. Des études menées par la Banque mondiale estiment que le coût des pertes économiques liées à la dégradation du réseau routier pourrait atteindre jusqu’à 2 % du PIB de la ville. Les travaux sur l’avenue Luambo Makiadi s’inscrivent ainsi dans une stratégie plus large d’amélioration des infrastructures, indispensable pour soutenir l’activité commerciale et la croissance urbaine.

— M. MASAMUNA

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